01.05.2008
La Mairie de Rome passe à droite
Contre toute attente, le scrutin municipal dans la ville Eternelle s’est révélé suicidaire pour le Partito democratico. Reconstituons les étapes. Romano Prodi rentre de Bruxelles après son mandat à la Commission Européenne. Il commence à préparer les élections de 2006. Francesco Rutelli est alors maire de Rome. Les primaires à gauche ont vu s’affronter Prodi et Rutelli. Ils ont conclu un accord avant que la gauche et le centre démocrate ne se déchirent trop. En cas de victoire, le chef de l’Ulivo prenait la Présidence du Conseil et le chef de la Margherita la Vice-présidence tout en laissant la mairie de Rome a un autre dignitaire de la Margherita : un certain Walter Veltroni. Et ainsi fut fait en avril 2006. En 2008, après la chute du gouvernement Prodi, Veltroni devient chef de file du Partito Democratico, le parti principal de centre gauche, refonte de la Margherita et des Démocrates de gauche. Malheureusement, comme j’ai pu déjà le rappeler dans ce blog, les democrates enregistrent une défaite face à la droite de Berlusconi.
Mais Walter Veltroni, s’étant présenté pour la Présidence du Conseil, il ne pouvait pas être en même temps Maire de Rome. Des élections anticipées ont donc eu lieu. Au premier tour, Francesco Rutelli arrivait en tête mais en ballotage. La victoire semblait pourtant acquise, ils avaient une majorité relative et encore un report de voix important. Mais lundi dernier, à la surprise générale, c’est Gianni Alemanno qui l’a emporté. Ainsi, Rome est pour la première fois à droite. Elle avait toujours été à gauche ou au centre.Gianni Alemanno a fait sa campagne sur la sécurité. En face, Rutelli n’a pas tenu sur ce thème glissant pour des démocrates. Alemanno est issu du parti de Gianfranco Fini, Alleanza Nazionale, un parti de refondation fasciste adoptant un discours light. Fini avait lui été élu Vice Président du Conseil de Berlusconi entre 2001 et 2006. C’était la première fois qu’un fasciste revenait au pouvoir depuis la période noire de Mussolini. La chose s’est donc banalisée en Italie. C’est tout un symbole pour Berlusconi et ses amis que de voir la capitale très à droite. Rutelli n’a malheureusement pas su séduire les Romains qui lui avaient pourtant offert deux mandats consécutifs. Alemanno est donc une surprise totale pour tous les observateurs de la politique italienne. Le poulain de Fini et Berlusconi aura donc fort à faire pendant son mandat car les Romains attendent une amélioration sur la délinquance mais ne le laisseront pas dilapider leurs valeurs de Dolce Vita.
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24.04.2008
Résultats des élections en Italie
Concernant les résultats à la Chambre des députés : la coalition de Silvio Berlusconi obtient 344 sièges répartis ainsi : 276 pour il Popolo delle Libertà (coalition de Forza Italia et Alleanza Nazionale), 60 pour la Lega Nord et 8 pour le Mouvement pour l'autonomie du Sud. La coalition formée par Walter Veltroni obtient 246 sièges répartis comme suit : 217 sièges pour il Partito Democratico et 29 sièges pour Italia dei Valori de Di Pietro. L'UDC de Pier Ferdinando Casini obtient 36 sièges. Viennent ensuite les tous petits partis régionaux : 2 sièges pour SVP (SüdTyrol), 1 siège pour Autonomie Liberté Démocratie (Vallée d'Aoste) et 1 siège pour le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité absolu à la Chambre des députés est de 316 voix. Donc la coalition Berlusconi aura la majorité. Car même si la Lega Nord ne votera pas l'ensemble des lois, ils seront aidés par l'UDC pour obtenir la majorité.
Pour le Sénat, on est dans les mêmes proportions : la coalition Berlusconi disposera de 174 sièges. Il Popolo delle Libertà obtient 147 sièges, la Lega Nord 25 sièges et les autonomistes du sud 2 sièges. A gauche, Walter Veltroni réunit une coalition de 132 sièges : 118 pour le Parti Démocrate et 14 pour Italia dei Valori. L'UDC résiste avec 3 sièges. SVP obtient 2 sièges alors que SVP Ensemble pour les autonomies en obtient également 2. Vallee d'Aoste prend 1 siège tout comme le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité au Sénat est de 158 voix. La coalition de droite a donc aussi la majorité absolue. Mais là les voix de la Lega Nord seront primordiales pour la stabilité du gouvernement.
Concernant les régionales, en Sicile c'est la droite de Raffaele Lombardo qui l'emporte sans surprise avec 65,35%. En Frioule Vénétie Julie, c'est la droite aussi qui l'emporte avec 53,84% pour Tondo Renzo contre le mania du café Illy candidat sortant de la coalition du Parti Démocrate qui fait 46,16%.
Enfin, les municipales à Rome ont rendu le verdict du Premier Tour. Les chiffres sont plutôt favorables à Francesco Rutelli, Vice président sortant du Conseil des ministres de la coalition Prodi et Ministre sortant des Biens Culturels (portefeuille important en Italie), qui tente de récupérer le poste de maire de Rome qu'il avait laissé en 2006 à... Walter Veltroni. Il obtient en effet 46,68%. Son adversaire principal Giovanni Alemanno pour Il Popolo delle Libertà récupère 39,63%. Viennent ensuite la Flamme tricolore (le parti de Mussolini) avec 3,33%, l'UDC avec 3,15% et les amis de Beppe Grillo avec 2,66% puis une batterie de petits partis. Pour la Province de Rome on est dans la même configuration au lendemain du Premier Tour, avec un écart légèrement plus faible. Le Parti Démocrate reste en ballotage favorable à Rome.
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