24.02.2008
A la dérive
La France aurait-elle un chef d'Etat qui marche sur la tête ? L'Etat de droit en France est-il en danger ? La conception de la charge présidentielle est-elle en évolution ? Des questions qui sont malheureusement bien d'actualité. Chaque jour apporte son lot d'absurdités insitutionnelles. Le meilleur exemple est bien la décision du Président de demander au Premier Président de la Cour de Cassation d'étudier la loi Dati sur les criminels dangereux. Alors que le Conseil Constitutionnel s'est exprimé en disant le droit, le Président mécontent veut s'exonérer de la décision des sages. L'article 62 de la Constitution est pourtant sans appel : "Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles." Et l'article 5 dispose :" Le Président de la République veille au respect de la Constitution." En l'état actuel des choses, le Président, chargé donc du respect de la Constitution, ne respecte pas la charge de sa fonction, il ignore la Constitution et donc ne mérite plus son mandat. Il n'est donc plus digne d'exercer sa mission. Il est auteur d'une faute grâve qui remet en cause dangereusement le caractère de la République. On est donc face aujourd'hui à une "Monarchie élective". Nicolas Sarkozy n'a pas compris le rôle qu'un Président de la République doit avoir. On passe d'un Président de la République trop discret (Chirac) à un Président de la République des Peoples. Un Président à côté de la plaque, à la dérive. Toutes les espérances qu'il a créé au Printemps 2007 sont tombées. Il renie peu à peu la laïcité à coup de discours répondant à des faits divers. Il veut plaire à tout le monde. Mais en faisant des concessions à tous, on finit par mécontenter l'ensemble des Français. Le clientélisme Sarkozy arrive à ses limites. L'article 20 de la Constitution dispose: "Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation". Mais le gouvernement ne décide plus de rien. La population est flouée. Le budget de l'Etat est dans une situation critique. La Ministre de l'Economie annonçait une croissance en hausse. Quelques mois plus tard, le FMI ne valide pas les projections, l'UE réduit ses prévisions. On vit donc en France sur du vent. La politique de réaction aux faits divers entraîne l'adoption de lois mauvaises, non réfléchies. Le Président nous balance de la poudre aux yeux sans cesse. Le parti du Président étant majoritaire au Parlement, aucune discussion ne peut être engagée. Fort heureusement, la modification de la Constitution nécessite les 3/5è que le Président n'a pas. Il devra donc lacher du lest ou retirer la réforme. En face l'opposition est morte. Le PS est divisé. Le Modem souffre. Le PC est mort et les Verts sont absents. La République n'est plus celle que l'on connaissait il y a encore un an. On est passé à une autre méthode, inefficace et périlleuse. La République des conseillers. Conseillers qui ne savent pas prendre la parole publiquement sans faire de boulettes. Dernière en date: "les sectes sont un non-problème". Bah voyons !!! Le pouvoir d'achat ne vient pas, sauf celui du dirigeant. Ça ne vous fait pas penser à des dirigeants crapuleux d'Afrique? Bling Bling and co : voilà ce qui nous dirige. Rolex, limousine, grands restaurants, flashs des photographes, femme mannequin, une des magazines, vacances ostentatoires, étalage de la réussite économique personnelle par la prise du pouvoir... Je pense qu'il est grand temps de se réveiller et de tout faire pour que cet homme quitte une fonction qu'il ne mérite plus. Il y a urgence à l'écarter du pouvoir.
18:12 Publié dans Gouvernement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Président, République, laïcité, finances, gouvernement, Constitution




