31.10.2007

L'Espagne reconnaît légalement le franquisme

07b0d4b36091980156e3b7da59752673.jpgDepuis la mort du dictateur Franco en 1975, les partis politiques espagnoles s'étaient entendu pour ne pas parler de la guerre. Aujourd'hui, après une très belle révolution démocratique et quelques mouvements d'intellectuels comme la Movida dans les années 80, l'Espagne fait partie des grands pays démocratiques européens. C'est donc dans une suite logique que le gouvernement de Jose Luis Rodriguez Zapatero a fait voter aujourd'hui au Congrès une loi qui reconnaît la tragédie franquiste. Les vicitimes de la guerre civile seront réhabilitées et la dictature est légalement condamnée.

L'adoption de la "Loi de mémoire historique" est passé relativement sereinement. Le PSOE avait mené des consultations en amont. Pour le Sénat, ça devrait être une formalité. Le projet de loi prévoit le retrait de tous les symboles du franquisme dont les statues et les noms de rue. Le texte déclare illégitime les condamnations contre les opposants à la dictature, ouvrant la voie à des révisions de procès. Il contraint les administrations locales à financer l'exhumation des fosses communes. La loi prévoit également une indemnisation symbolique de toutes les victimes de la guerre. On estime à 500.000 le nombre de victimes pendant le conflit.

Le Parti populaire accuse Zapatero d'être "obsédé par la vengeance". Le Président du gouvernement espagnol avait fait de cette loi un des grands chantiers de son mandat. Un porte-parole du PP, a dénoncé le texte, le qualifiant d'"inutile" et de "préjudiciable à l'harmonie nationale". La vice-Présidente du gouvernement Maria Teresa Fernandez de la Vega a dénoncé la position de la droite. "Il n'y a pas une ligne de cette loi qui ne pourrait pas être pleinement soutenue par un démocrate!", a-t-elle lancé.2c9ce1790647906847009d05b707ecd6.gif

On ne peut donc que se réjouir de cette loi. Même si c'est une épreuve pour le peuple espagnol qui se trouve face à son passé, au moins les négationnistes seront condamnés sur la base de cette loi. L'affirmation de la démocratie gagnée ne peut être qu'un acte positif pour nos voisins européens d'outre-Pyrénées. Merci Zapatero et vive la démocratie !