05.02.2008

Convoqués aux urnes !!

1b1db2b821ab88d59aff4631e88eacb3.jpgDepuis que le Président du Sénat de la République Franco Marini a été nommé pour mener des négociations en vue de former un gouvernement provisoire chargé d'effectuer la réforme électorale, on entendait Berlusconi crier pour une convocation aux urnes. Le président de Forza Italia peut être heureux. Marini s'est rendu à l'évidence, il ne sera pas possible de faire cette réforme électorale, la droite y est contre et tient bon sa position. Les conclusions des consultations politiques menées par Marini aboutissent bel et bien sur un échec. Il était pourtant le seul à pouvoir réunir droite et gauche.

78db833e137fbddc1c463005062f9157.jpgCe matin, les journaux (de droite) italiens annoncent une hypothétique date pour les élections anticipées. Cela signifie donc, que, selon l'article 88 de la Constitution italienne de 1948, le Président de la République Giorgio Napolitano prendra le décret de dissolution des assemblées parlementaires. Il devrait le faire demain ou au plus tard jeudi. L'article 61 de la Constitution dispose que les élections doivent se tenir dans les 70 jours suivant cette dissolution. Il y a donc fort à parier que la date retenue soit celle annoncée par Il Giornale et Il Messaggero, soit le 13 avril. Cette date est bien choisie dans la mesure où de nombreuses élections locales auront lieu ce jour ou sont prévues dans cette période de l'année. Deux régions ont déjà prévu les élections régionales : le Val d'Aoste et le Friuli-Venezia Giulia tout comme 13 provinces : Rome, Bolzano, Trente, Massa Carrare, Benevento, Foggia, Agrigento, Caltanissetta, Catania, Enna, Messine, Palerme et Siracuse. Il y a aussi 539 communes appelées à renouveller le maire.

Il faut ajouter à cela, le renouvellement des dirigeants de la région Sicile. Depuis la condamnation de Salvatore Cuffaro pour corruption et sa démission du 26 janvier, des élections seront convoquées. Le Statut régional sicilien prévoit une période de trois mois, les élections se tiendront donc avant le 26 avril. afd6b1a1c64ee3d7b9a18356a5bee82b.jpgDe plus, de nombreux maires vont vouloir se lancer dans la bataille législative et briguer un siège au Palais Madame ou à Montecitorio. Ce sera vraisemblablement le cas de Walter Veltroni, actuel maire de Rome et président du Parti Démocrate. Il faut donc s'attendre à des élections municipales à Rome. Veltroni pourrait être le chef de file de la coalition de centre gauche pour ces élections contre Berlusconi qui espère retrouver le Palais Chigi pour la troisième fois.

d9a6467bcf5e54855e7e66d41d0356bf.jpgDonc il y a fort à parier que l'"Election Day" soit le 13 avril. En conséquence, si les élections sont annoncées par le Président de la République, car c'est à lui seul que revient la décision, la réforme électorale pourrait ne pas intervenir avant un an. En effet, le référendum électoral déclaré admissible par la Cour Constitutionnelle et qui devait se tenir entre le 15 avril et le 15 juin pourrait ne pas avoir lieu cette année. Il revient désormais au Président de la République de prendre le décret convoquant la consultation référendaire, après avis du Conseil des Ministres. D'ailleurs, le Conseil est convoqué demain avec ce point à l'ordre du jour. Le référenudm propose de modifier la loi électorale actuelle en supprimant la prime pour la coalition qui obtient la majorité dans les deux assemblées en l'attribuant au seul parti qui obtient la majorité des voix et en abrogeant la loi qui permet les candidatures multiples.

31.01.2008

Franco Marini nommé chef du gouvernement provisoire

a697175356a6ec8ef7dc69a2f41ff08f.jpgAprès le refus des Sénateurs de renouveller la confiance à Romano Prodi et à son gouvernement, l'Italie est entrée en crise politique. Cette affaire, qui a commencé par la démission du Garde des Sceaux Clemente Mastella, en pleine négociation sur la réforme de la loi électorale, devrait encore avoir des répercussions. Dernier épisode de la saga politique italienne, le Président de la République Giorgio Napolitano a nommé Franco Marini, Président du Sénat de la République, chef du gouvernement provisoire. Il aura pour tâche principale de relancer et de faire voter la réforme de la loi électorale. Il devra pour cela réunir les politiciens italiens autour d'un projet. Mais ce ne sera pas évident du tout. En effet, le paysage politique italien est bien plus complexe que le nôtre. Il y a beaucoup plus de partis politiques, donc de petits partis. Ce sont eux qui risquent de bloquer la réforme, à l'instar de l'UDEUR. Les petits partis veulent une loi qui leur permet d'être représentés à la Chambre et au Sénat. Dans l'autre sens, les grands partis (Parti Démocrate et Forza Italia) veulent une loi leur assurant une majorité stable. Même si le Président du Sénat est un homme assez consensuel, il n'est pas dit qu'il réussisse à mener la réforme. Contre lui et son projet, s'élèvent les voix de la droite qui réclament à grands cris des élections anticipées qu'ils sont sûrs de remporter à en croire les sondages.

Qui est Franco Marini ? Le nouveau Président du Conseil italien est né en 1933 dans un petit village des Abruzzes (centre-est de l'Italie). Il a d'abord été syndicaliste au sein de la CISL avant de rejoindre la politique comme Ministre du Travail du 7è gouvernement Andreotti en 1991. Il était d'abord au Parti Chrétien Démocrate avant de rejoindre le petit parti populaire italien. Devant l'échec électoral, ce parti se fond et se refonde au sein de la Margherita (centre). Il aura été élu au Parlement Européen en 1999 où il siègera avec ADLE. Lors des primaires à gauche en 2005, il réussit à convaincre Francesco Rutelli et Romano Prodi de la nécessité pour la Margherita de se présenter seule aux élections législatives en 2006. En mai 2006, une fois élu Sénateur, il sera élu par ses pairs Président du Sénat. Lors de son investiture, il a fait une déclaration restée célèbre : « Je serais le président de tout le Sénat et [...] je serais le président de vous tous avec une grande attention et un grand respect pour les prérogatives de la majorité et celles de l'opposition comme il se doit dans une vraie démocratie bipolaire,85b06a64d489bb9151fe2076b109b027.jpg à laquelle je crois également avoir modestement contribué par mon apport, à réaliser dans notre pays ». Ce démocrate de longue date occupe donc aujourd'hui un rôle de grande importance dans la recherche de la sortie de crise. Il occupera donc le Palazzo Chigi jusqu'à nouvel ordre.