23.06.2009
Italie : référendum inutile et percée des Démocrates
Hier soir étaient annoncés les résultats des consultations électorales en Italie. Les Italiens s'exprimaient par référendum sur la modification de la loi électorale. Mais ils se déplaçaient aussi pour élire leur maire, dans certaines villes, et leur conseil provincial (sorte de Conseil Général).

Sur le référendum d'abord : 3 questions étaient posées. La première demandait si, à la Chambre des députés, la prime au vainqueur aux élections législatives étaient accordées au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête. La deuxième question concernait la prime au vainqueur au Sénat de la République et demandait de faire passer cette prime au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête mais sur une assiette régionale. Enfin, la troisième question concernait l'abolition des candidatures multiples. Il faut savoir qu'il est possible de se présenter dans plusieurs villes, provinces, etc, pour la même élection. C'est d'ailleurs ainsi que Silvio Berlusconi était tête de liste aux Européennes dans toutes les circonscriptions italiennes. Le résultat du référendum donne une large victoire au oui pour les trois questions (environ 75%). Mais la loi électorale n'en sera pas changée pour autant car il fallait atteindre le seuil de 50% de participation pour valider le référendum. Donc statut quo pour le plus grand bonheur des petits partis politiques dont la Lega et IDV. La participation à ce référendum n'atteint en effet que 23,4% et 24% pour la troisième question.
Sur les élections provinciales, on enregistre une victoire du Parti Démocrate. Dario Franceschini, le secrétaire général du Parti Démocrate s'est félicité de ce score. Selon lui, il s'agit du début du déclin de Berlsuconi. Il semble en effet que la droite fasse les frais des aventures du Président du Conseil. Alors que les dernières élections administratives avaient coûté le poste à Walter Veltroni à la tête du PD, cette élection renforce le Secrétaire général Franceschini pour les échéances internes de l'automne.
La participation aux élections provinciales atteint 46% seulement. Parmi les provinces appelées à renouveller leur conseil et leur Président, Prato la rouge passe à droite. Milan passe aussi à droite pour une poignée de voix. Guido Podestà l'emporte avec 50,21% des voix devant le président sortant Filippo Penati qui obtient 49,79% des voix. Penati l'avait emporté la dernière fois grâce aux divisions de la droite, cette fois-ci réunie. La province de Venise passe aussi à droite. Le centre gauche l'emporte, en revanche, dans presque toutes les autres provinces appelées à voter comme à Turin où Armando Saitta, sortant, obtient 57%. Le centre gauche gagne encore dans les provinces d'Alessandria, de Rimini, d'Arezzo, de Parme, de Ferrare, de Rovigo ou de Brindisi.
Même constat pour les élections municipales, le centre gauche arrive en tête presque dans toutes les grandes villes. La participation était de 61% contre 76% au premier tour. Le centre gauche conserve Bologne, Florence et Bari. A Florence, le nouveau Maire Matteo Renzi a organisé une grande fête en ville hier soir. Il l'emporte avec un peu moins de 60% de voix. A Bologne, même rapport de force pour le nouveau maire Flavio Delbono (un peu plus de 60% des voix) qui succède à Sergio Cofferati, élu député européen le 7 juin. En plus de cela, les villes de Ferrare, Ancona, Forlì, Padoue, Potenza, Prato ou Avellino passent ou restent au centre gauche.
L'alliance avec les centristes (centre droite) de l'UDC aura été décisive pour le maintien de Bari et la province de Turin. Alors que, de leur côté, Renzi et Delbono gagnent Florence et Bologne sans le soutien de l'UDC. L'UDC a en effet préféré adopter une stratégie au cas par cas en fonction des villes et des provinces au lieu de signer un accord national.
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11.08.2008
Le petit-fils Pininfarina est mort
Andrea Pininfarina, PDG du célèbre carrossier italien du même nom, a été tué jeudi 7 août au matin dans un accident de la circulation dans la banlieue de Turin. L'industriel, âgé de 51 ans, a été renversé par une voiture alors qu'il conduisait sa moto, selon la même source.
Andrea Pininfarina appartenait à la troisième génération de cette famille industrielle turinoise, qui avait transformé le petit atelier de carrosserie créé en 1930 par le grand-père Giovanni en une marque mondiale du design automobile industriel grâce au père, le célèbre carrossier et designer Sergio Pininfarina. Ce dernier, âgé de 81 ans, est toujours président honoraire de la société.
Père de deux autres enfants, il avait cédé son poste de PDG à son fils Andrea, il y a six ans. Andrea Pininfarina, père de trois enfants, ingénieur mécanique de formation, était entré dans l'entreprise familiale en 1983. Il a été vice-président de Confindustria, l'organisation patronale italienne, de 2004 à 2008.
Spécialisé dans l'assemblage de modèles sportifs (coupés, cabriolets) pour le compte de grands constructeurs, le groupe Pininfarina s'était illustré en 2006 en dessinant la torche olympique des jeux Olympiques d'hiver de Turin. Mais le groupe est plus connu pour la réalisation design de nombreuses Ferrari, Maserati, Alfa Romeo ou encore des Peugeot 206 CC ou 406 coupé.
En difficulté financière, Pininfarina, dont le chiffre d'affaires s'élève à 670,4 millions d'euros, avait obtenu en avril dernier le soutien de trois industriels italiens et du français Vincent Bolloré pour appuyer son plan de relance et participer à une augmentation de capital de 100 millions d'euros. A cette occasion, Andrea Pininfarina avait annoncé l'intention de la famille, actionnaire à 55% de la société, de descendre dans le capital pour laisser de la place aux nouveaux investisseurs, tout en gardant une participation de 30%.
Le carrossier a subi l'an dernier une lourde perte nette de 114,9 millions d'euros, contre 22 millions un an plus tôt. Pour réduire ses pertes, le groupe italien a mis en place un plan industriel. Il a par ailleurs renforcé son activité de design automobile et d'ingénierie, plus rentable, et a accentué ses efforts sur la voiture électrique. Avec le groupe Bolloré, Pininfarina a notamment mis au point une voiture 100% électrique, qui doit être disponible à partir de juin 2009.
20:14 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pininfarina, design, automobile, italie, confindustria, turin, carossier
05.08.2008
La gauche italienne se mobilise contre Berlusconi
Antonio di Pietro, le juge de l'affaire Mani Pulite, et politicien depuis son retrait de la magistrature, va lancer la machine institutionnelle menant au processus de référendum abrogatif. Italia dei Valori, le parti de di Pietro, se met en ordre de marche.
La Constitution italienne est dotée d'une disposition, que nous aurons aussi en France sous d'autres formes, qui permet de demander un référendum pour abroger une loi. C'est contre la loi dite "Salva Premier" (comprendre "sauve les fesses du Président du Conseil") que cette disposition sera utilisée. En effet, Silvio Berlusconi a fait voter une loi donnant l'immunité aux 4 plus hautes charges de l'Etat italien. Donc une loi lui donnant l'immunité. Le Président du Conseil italien est en effet impliqué dans deux procès qui pourraient lui coûter sa place.
Mais le juge di Pietro ne compte pas se laisser faire et il n'est pas seul sur le coup. Sinistra democratica et Partito democratico sont aussi engagés. Mais le climat est tendu entre les différentes formations de gauche. Il faudra néanmoins les quelques 500.000 signatures d'électeurs italiens pour déclencher le référendum. L'article 75 est rédigé ainsi : "Un référendum populaire est fixé pour décider l'abrogation, totale ou partielle, d'une loi ou d'un acte ayant valeur de loi, lorsque cinq cent mille électeurs ou cinq conseils régionaux le demandent. Le référendum n'est pas admis pour des lois fiscales et budgétaires, d'amnistie et de remise de peine, d'autorisation à ratifier des traités internationaux. Tous les citoyens appelés à élire la chambre des députés ont le droit de participer au référendum. La proposition soumise au référendum est approuvée si la majorité des électeurs a participé au scrutin, et si la majorité des suffrages valablement exprimés a été atteinte. La loi établit les modalités d'application du référendum."
Italia dei Valori considère que cette loi d'immunité viole l'article 3 de la Constitution italienne qui dispose que "Tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d'opinions politiques, de conditions personnelles et sociales. Il appartient à la République d'éliminer les obstacles d'ordre économique et social qui, en limitant de fait la liberté et l'égalité des citoyens, entravent le plein développement de la personne humaine et la participation effective de tous les travailleurs à l'organisation politique, économique et sociale du pays." Il est donc compréhensible d'opposer l'égalité de tous les citoyens devant la loi avec les immunités de 4 personnes parce qu'elles occupent ces charges publiques.
Il Partito Democratico parle lui de "défendre la démocratie et la constitution" par le biais d'une autre pétition, sa propre pétition. L'objectif est de recueillir 5 millions de signatures à la pétition intitulée "Sauver l'Italie, pas le Premier". Les cadres du parti entendent rassembler ceux qui pensent qu'il faut "dire non à un gouvernement qui ne respecte pas les règles de la démocratie, force la main sur le thème de la justice et ne fait rien pour faire augmenter les salaires et les retraites alors que l'Italie traverse une crise profonde et que les familles n'arrivent plus à joindre les deux bouts". Les signatures devront être recueillies avant le 25 octobre, jour de manifestation nationale du Parti.
Les différents partis vont donc batailler pour recueillir les précieux sésames. Une lutte d'influence a aussi lieu entre les partis de la gauche italienne pour savoir lequel obtiendra le plus de signatures entre le référendum abrogatif d'Italia dei Valori et la pétition plus générale du Partito Democratico. Sinistra democratica soutient quant à elle l'idée du référendum, mais selon eux, ça ne suffit pas. Il faut dire aussi qu'ils auraient bien aimés en être à l'origine. Bref, le chef du parti qui réussira sera alors considéré comme le véritable leader de l'opposition. Italia dei valori estime que Veltroni, le premier secrétaire du Parti Démocrate, a une ligne ambiguë face au gouvernement. Sinistra democratica, très à gauche, parle même de "Veltrusconi". Les signatures de la pétition du référendum abrogatif devront être déposées le 8 janvier 2009 à la Cour de Cassation.
Selon Antonio di Pietro, le peuple italien devra répondre à la question suivante : "volete voi che sia abrogata la legge "salva Premier", quella che Berlusconi si è fatto per non farsi processare? O volete che sia giusto che quattro persone e soprattutto chi è già sotto processo si faccia una legge all'ultimo momento in modo da non farci sapere se alla Presidenza del Consiglio abbiamo una brava persona o un poco di buono?"
En français, ça donne : "Vous, voulez-vous que soit abrogée la loi Sauve Président du Conseil, celle que Berlusconi s'est faite faire pour ne pas se faire poursuivre en justice? Ou voulez-vous qu'il soit juste que 4 personnes et surtout qui est déjà en procès se fasse une loi au dernier moment de façon à ne pas savoir si nous avons comme Président du Conseil une bonne personne ou un moins que rien?"
21:40 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : italia dei valori, italie, di pietro, veltroni, constitution, loi, justice
27.07.2008
Berlusconi se fait voter son immunité
Silvio Berlusconi a remercié les parlementaires italiens de lui avoir accordé l'immunité judiciaire, synonyme pour lui de "liberazione". Il a déclaré dans une réunion à huis clos avec des sénateurs "enfin, les magistrats ne peuvent plus me persécuter, vous m'avez libéré. Maintenant, je pourrai travailler tranquillement le samedi sans avoir à rencontrer mes avocats".
Le Président de la République Giorgio Napolitano a promulgué cette loi mercredi, la loi lui étant aussi favorable. La nouvelle loi accorde en effet l’immunité aux 4 charges de l’Etat les plus importantes : le président de la République, le président du Conseil des ministres, le président de la Chambre des députés et le président du Sénat.
Cette loi a été écrite sur mesure pour le vieux magnat des médias tout lifté, qui est poursuivi dans deux affaires de corruption. Le chef du gouvernement italien est soupçonné par un magistrat milanais d'avoir versé 600.000 dollars à l'avocat britannique David Mills avec des "fonds secrets" de son empire médiatique Mediaset pour que celui-ci passe sous silence des informations potentiellement compromettantes sur ses activités. Son nom est également cité dans une enquête pour collusion entre la télévision publique et son groupe médiatique.
Se décrivant lui-même comme "la créature la plus poursuivie de l'univers", Berlu est entré en guerre ouverte contre les magistrats italiens, qu'il accuse de chercher à le déstabiliser politiquement. Au total, Berlusconi a été entendu 2500 fois par la justice, a reçu 587 visites de police et dépensé 174 millions d'euros pour se défendre durant sa carrière politique. Il a gagné tous les procès auxquels il a dû faire face, que ce soit par acquittement (intimidations ?) ou par prescription. Ses gouvernements ont fréquemment remodelé les lois relatives à la prescription et bizarrement toujours à son avantage !!
18:39 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, immunité, italie, loi
11.07.2008
Berlusconi aime les lois ad personam

Le vieux Berlu tout lifté, le chef du gouvernement italien, a obtenu hier une première victoire à la chambre des députés en faisant adopter un projet de loi nauséabond qui accorde l'immunité aux quatre plus hautes charges de l'Etat. Et parmi ces hautes charges, bien évidemment, on trouve le Président du Conseil. Cette immunité serait limitée à la durée du mandat. C'est donc une aubaine pour le mafieux Berlusconi, actuellement impliqué dans deux procès dont un pour corruption !!! La décision des députés a beau choquer les magistrats et l'opposition, elle risque d'être confirmée par le Sénat avant la fin juillet. Et, cerise sur le gateau, un autre texte proposé par le Gouvernement suspendrait pendant un an les affaires les moins urgentes, dont celles du papi milanais.
Walter Veltroni, le Président du Parti Démocrate, a déclaré à ce sujet que l'urgence pour le Président Berlusconi ne devrait pas être cette loi mais plutôt l'intervention sur l'instrument fiscal pour les salaires et les retraites. Italia dei Valori, le parti de l'ancien juge anti-corruption Di Pietro, a organisé une manifestation mardi dernier pour dénoncer une utilisation de la justice à des fins personnelles.
20:27 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, berlusconi, loi, magistrat, gouvernement, président du conseil, affaires
05.02.2008
Convoqués aux urnes !!
Depuis que le Président du Sénat de la République Franco Marini a été nommé pour mener des négociations en vue de former un gouvernement provisoire chargé d'effectuer la réforme électorale, on entendait Berlusconi crier pour une convocation aux urnes. Le président de Forza Italia peut être heureux. Marini s'est rendu à l'évidence, il ne sera pas possible de faire cette réforme électorale, la droite y est contre et tient bon sa position. Les conclusions des consultations politiques menées par Marini aboutissent bel et bien sur un échec. Il était pourtant le seul à pouvoir réunir droite et gauche.
Ce matin, les journaux (de droite) italiens annoncent une hypothétique date pour les élections anticipées. Cela signifie donc, que, selon l'article 88 de la Constitution italienne de 1948, le Président de la République Giorgio Napolitano prendra le décret de dissolution des assemblées parlementaires. Il devrait le faire demain ou au plus tard jeudi. L'article 61 de la Constitution dispose que les élections doivent se tenir dans les 70 jours suivant cette dissolution. Il y a donc fort à parier que la date retenue soit celle annoncée par Il Giornale et Il Messaggero, soit le 13 avril. Cette date est bien choisie dans la mesure où de nombreuses élections locales auront lieu ce jour ou sont prévues dans cette période de l'année. Deux régions ont déjà prévu les élections régionales : le Val d'Aoste et le Friuli-Venezia Giulia tout comme 13 provinces : Rome, Bolzano, Trente, Massa Carrare, Benevento, Foggia, Agrigento, Caltanissetta, Catania, Enna, Messine, Palerme et Siracuse. Il y a aussi 539 communes appelées à renouveller le maire.
Il faut ajouter à cela, le renouvellement des dirigeants de la région Sicile. Depuis la condamnation de Salvatore Cuffaro pour corruption et sa démission du 26 janvier, des élections seront convoquées. Le Statut régional sicilien prévoit une période de trois mois, les élections se tiendront donc avant le 26 avril.
De plus, de nombreux maires vont vouloir se lancer dans la bataille législative et briguer un siège au Palais Madame ou à Montecitorio. Ce sera vraisemblablement le cas de Walter Veltroni, actuel maire de Rome et président du Parti Démocrate. Il faut donc s'attendre à des élections municipales à Rome. Veltroni pourrait être le chef de file de la coalition de centre gauche pour ces élections contre Berlusconi qui espère retrouver le Palais Chigi pour la troisième fois.
Donc il y a fort à parier que l'"Election Day" soit le 13 avril. En conséquence, si les élections sont annoncées par le Président de la République, car c'est à lui seul que revient la décision, la réforme électorale pourrait ne pas intervenir avant un an. En effet, le référendum électoral déclaré admissible par la Cour Constitutionnelle et qui devait se tenir entre le 15 avril et le 15 juin pourrait ne pas avoir lieu cette année. Il revient désormais au Président de la République de prendre le décret convoquant la consultation référendaire, après avis du Conseil des Ministres. D'ailleurs, le Conseil est convoqué demain avec ce point à l'ordre du jour. Le référenudm propose de modifier la loi électorale actuelle en supprimant la prime pour la coalition qui obtient la majorité dans les deux assemblées en l'attribuant au seul parti qui obtient la majorité des voix et en abrogeant la loi qui permet les candidatures multiples.
13:40 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Marini, Italie, élections, Napolitano, Veltroni, Berlusconi
31.01.2008
Franco Marini nommé chef du gouvernement provisoire
Après le refus des Sénateurs de renouveller la confiance à Romano Prodi et à son gouvernement, l'Italie est entrée en crise politique. Cette affaire, qui a commencé par la démission du Garde des Sceaux Clemente Mastella, en pleine négociation sur la réforme de la loi électorale, devrait encore avoir des répercussions. Dernier épisode de la saga politique italienne, le Président de la République Giorgio Napolitano a nommé Franco Marini, Président du Sénat de la République, chef du gouvernement provisoire. Il aura pour tâche principale de relancer et de faire voter la réforme de la loi électorale. Il devra pour cela réunir les politiciens italiens autour d'un projet. Mais ce ne sera pas évident du tout. En effet, le paysage politique italien est bien plus complexe que le nôtre. Il y a beaucoup plus de partis politiques, donc de petits partis. Ce sont eux qui risquent de bloquer la réforme, à l'instar de l'UDEUR. Les petits partis veulent une loi qui leur permet d'être représentés à la Chambre et au Sénat. Dans l'autre sens, les grands partis (Parti Démocrate et Forza Italia) veulent une loi leur assurant une majorité stable. Même si le Président du Sénat est un homme assez consensuel, il n'est pas dit qu'il réussisse à mener la réforme. Contre lui et son projet, s'élèvent les voix de la droite qui réclament à grands cris des élections anticipées qu'ils sont sûrs de remporter à en croire les sondages.
Qui est Franco Marini ? Le nouveau Président du Conseil italien est né en 1933 dans un petit village des Abruzzes (centre-est de l'Italie). Il a d'abord été syndicaliste au sein de la CISL avant de rejoindre la politique comme Ministre du Travail du 7è gouvernement Andreotti en 1991. Il était d'abord au Parti Chrétien Démocrate avant de rejoindre le petit parti populaire italien. Devant l'échec électoral, ce parti se fond et se refonde au sein de la Margherita (centre). Il aura été élu au Parlement Européen en 1999 où il siègera avec ADLE. Lors des primaires à gauche en 2005, il réussit à convaincre Francesco Rutelli et Romano Prodi de la nécessité pour la Margherita de se présenter seule aux élections législatives en 2006. En mai 2006, une fois élu Sénateur, il sera élu par ses pairs Président du Sénat. Lors de son investiture, il a fait une déclaration restée célèbre : « Je serais le président de tout le Sénat et [...] je serais le président de vous tous avec une grande attention et un grand respect pour les prérogatives de la majorité et celles de l'opposition comme il se doit dans une vraie démocratie bipolaire,
à laquelle je crois également avoir modestement contribué par mon apport, à réaliser dans notre pays ». Ce démocrate de longue date occupe donc aujourd'hui un rôle de grande importance dans la recherche de la sortie de crise. Il occupera donc le Palazzo Chigi jusqu'à nouvel ordre.
14:30 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marini, Sénat, Italie, crise, Chigi, loi électorale, réforme
25.01.2008
Le retour de la vieille politique italienne
Je vous l'avais annoncé avant même que les JT n'en parlent, Prodi devait se soumettre à la procédure de la question de confiance. Cette fois-ci, je n'ai pas la prétention d'être le premier. Mais le résultat est le même. A la chambre, bien évidemment, la confiance a été adoptée. Mais le souci de la loi électorale Berlsuconi, c'est bien le Sénat.
Prodi n'avait plus de majorité depuis la défection des parlementaires de l'Unione dei Democratici per l'Europa (UDEUR) partis avec Mastella. L'effet boule de neige que je pressentais est donc survenu.
Prodi a donc présenté sa démission au Quirinale hier soir après avoir perdu la question de confiance devant le Sénat par 151 voix contre 156. Romano Prodi a dû se démettre après ce vote dont le malheureux résultat est l'oeuvre des sénateurs à vie (4 sur 5 présents ont voté contre). Pour l'instant Romano Prodi expédie les affaires courantes, selon ce que lui a demandé
Giorgio Napolitano, le Président de la République. Dès cet après-midi, Napolitano commencera les consultations. Il recevra dans un premier temps Fausto Bertinotti, Président de la Chambre des députés et Franco Marini, Président du Sénat de la République. Je suppose que vous avez été aussi choqués que moi en voyant les images filmées à l'intérieur de l'hémicycle du Palais Madame montrant les sénateurs majoritaires d'opposition déboucher le Champagne, criant, manifestant leur joie en insultant allègrement les sénateurs de l'Unione. C'est donc une victoire de Berlusconi qui s'est empressé de demander la convocation d'élections législatives anticipées avec le système électoral actuel. Heureux, Il Cavaliere a rappelé qu'il essayait de faire chuter le gouvernement depuis Noël. A cette occasion, on a aussi vu le retour d'un homme plus que détestable: le fameux Rocco Buttiglione
, leader de l'UDC (Union des Chrétiens-Démocrates). Souvenez-vous, il s'agit du malheureux candidat italien à la Commission Européenne, écarté par la menace de censure de la Commission par le Parlement Européen. A l'époque, le Parlement Européen avait invoqué les propos homophobes de Buttiglione.
Mais revenons sur les déclarations du Président du Conseil démissionnaire. Prodi a déclaré hier soir "je savais depuis 24 heures que je ne passerai pas au Sénat. Je l'ai fait quand même par honnêteté institutionnelle. Le seul espoir était que Mastella change d'avis et alors les autres auraient fait marche arrière. Je l'ai fait par respect pour les électeurs. Il ne faut pas de nouvelles élections comme le demande Berlusconi. Ce serait un désastre, on retomberait dans cette espèce de tunnel dans lequel je me suis trouvé et qui m'a ralenti pendant 20 mois. Il faut arriver à un gouvernement de trève". On l'a su hier, Prodi s'était rendu au Quirinale pour s'entretenir avec le Président à deux reprises. Giorgio Napolitano lui avait suggéré de démissionner avant et ainsi ne pas se soumettre à l'humiliation inévitable du Sénat.
Mais Romano Prodi a voulu aller jusqu'au bout. C'est honorable. Le Vice-président du Conseil, l'ancien maire de Rome Francesco Rutelli a la défaite amer. Quand les journalistes lui ont demandé ce qu'il retirait de la soirée, il a déclaré : Pugnalatori !(Poignardeurs).
Si le Président Napolitano convoque des élections anticipées, qui pourrait succéder à Prodi ? A droite, il y a 3 candidats possibles :
Berlusconi évidemment, Fini (l'ami de Sarkozy plus à droite que Berlusconi) et Buttiglione (supo du Vatican). Côté gauche, je vois aussi 3 candidats issus du nouveau Parti Démocrate : Walter Veltroni
(maire de Rome), Francesco Rutelli, Vice-président du Conseil sortant ou Piero Fassino (ancien Communiste). Je parierais sur un combat Veltroni-Berlusconi. Mais les sondages sont acquis à la droite pour l'instant.
12:30 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Italie, démission, Prodi, Berlsuconi, Napolitano, Buttiglione, Rutelli
17.01.2008
Le Ministre de la Justice Italien démissione
La nouvelle est tombée hier soir en séance à la Chambre des députés. Le Ministre de la Justice, Clemente Mastella, a annoncé qu'il démissionait. Cette décision fait suite à un scandale de corruption dans la région de Naples, la Campania. Le parti de Clemente Mastella, l'Udeur, faisait l'objet d'une enquête de la magistrature. C'est un peu le comble pour un Ministre de la Justice !! Romano Prodi, le Président du Conseil, lui avait demandé de rester à son poste, mais les images des perquisitions au domicile conjugal montrant la femme du Ministre avec les policiers ont eu un effet net pour le Président de l'Udeur, entraînant sa démission du gouvernement. En attendant, Romano Prodi assumera l'interim.

Cette démission est de loin ce que Prodi ne pouvait pas se permettre. A la tête d'une coalition fragile, il n'y a pas de doute que l'opposition va tenter de renverser une ennième fois le gouvernement Prodi. Du point de vue de la stabilité de la coalition, cette vague pourrait faire du mal. Même si depuis la fondation du Parti Démocrate les choses vont un peu mieux, la coalition n'en est pas moins hétéroclyte. De l'extrème gauche au centre, l'Unione pourrait pâtir de cet événement. En effet, l'ex ministre, à la tête de la petite formation centriste, maintenait un certain équilibre. L'Udeur, le parti le plus à droite de la coalition de gauche, permettait d'avoir la majorité au Sénat. C'est maintenant Berlusconi qui va en faire ses choux gras s'il réussit à faire passer une motion de défiance. Alors que l'Udeur vient d'annoncer qu'il quittait la coalition gouvernementale, on est peut-être entrain d'assister aux derniers jours de Prodi au pouvoir. L'heure est donc grave au Palais Chigi, au Palais Madame et à Montecitorio.
14:25 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Mastella, Italie, démission, Prodi, ministre, justice, Udeur
02.01.2008
Milan adopte un Péage urbain
La ville de Milan a instauré depuis ce matin un péage pour les véhicules afin de réduire le trafic et la pollution dans le centre, un "éco-pass" pouvant aller jusqu'à dix euros pour entrer dans la capitale économique italienne. Le montant du droit d'entrée dépend du véhicule, les voitures les moins polluantes en sont exonérées alors que les plus polluantes paient le prix fort. Cette expérience, la première du genre en Italie, vise à réduire la pollution de l'air à Milan, et s'inscrit dans un programme plus large de développement des transports publics et des espaces verts dans une ville souvent en proie à un brouillard de
pollution. Les visiteurs réguliers peuvent acheter un passe multi-entrées moitié moins cher que le forfait quotidien. Les habitants du centre-ville paient une taxe annuelle s'ils possèdent une voiture très polluantes, allant de 50 à 250 euros l'année. Le péage s'applique du lundi au vendredi, entre 7h30 et 19h30.
Je trouve cette initiative très intéressante. Après Londres et Stockholm, c'est une autre grande ville qui applique le système du péage urbain pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le centre-ville. Cela devient donc plus qu'une piste de reflexion. Le succès londonien en atteste. Il va falloir penser à utiliser les mêmes moyens dans nos villes françaises, à commencer par Lyon peut-être? Si on veut faire de Lyon une ville à la pointe du développement durable, je pense que c'est une des solutions à adopter. Pour un retour de la biodiversité en ville, pour des questions de santé publique et pour simplement bien vivre en ville, la réduction de la circulation est plus que nécessaire. Cela dit, pour qu'une ville réussisse un tel pari, il faut aussi repenser la politique du logement dans les centre-villes. Mais si on n'amorce pas la pompe, rien ne se fera.
23:10 Publié dans Environnement, Italie, Lyon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Milan, péage urbain, Italie, centre ville, circulation, gaz à effet de serre, pollution





