10.05.2008
Palmarès des Européens préférés des Français
Bienvenus sur la 100è note de ce blog !!!
Pour illustrer cette 100è note, c'est évidemment de l'Europe dont je vais vous parler en vous présentant les résultats du Palmarès des Européens préférés des Français. Ce palmarès est un sondage commandé par touteleurope.fr à CSA. Les Français font la part belle aux sportifs et aux célébrités. Les politiciens arrivent ensuite.
C'est Michaël Schumacher, le pilote de F1 sept fois Champion du Monde, qui arrive en tête du classement. On trouve derrière lui la belle actrice Italienne Monica Bellucci. En 3è place, c'est étrangement la Reine Elysabeth II. Allez comprendre !!!! La quatrième place est détenue par Angela Merkel, qui fait figure d'exception dans ce classement, car c'est la seule politicienne dans les 10 premiers. La 5è et la 6è place sont occupés par des sportifs qui ont plus l'habitude de finir premier (encore que, en ce moment, pas pour tout le monde !!) : Ellen McArthur et Fernando Alonso. En 7è position, c'est le Pape Benoît XVI. Sans commentaire. Deux tennismen occupent les 8è et 9è place, Rafaël Nadal devant Roger Federer. C'est Carla Bruni qui arrive en 10è position. Viennent ensuite, Benoît Poelvoorde, Roberto Benigni, Lech Walesa, David Beckham et José Luis Zapatero. Puis Cristiano Ronaldo, Pedro Almodovar, Karl Lagerfeld, Justine Hénin, Felipe Gonzalez, Johnny Wilkinson, Amélie Nothomb, Gordon Brown (c'est étrange), José Manuel Barroso, Emir Kusturica, Silvio Berlusconi (quelle honte !!!), Tom Boonen, Javier Solana, Amy Whinehouse et enfin JK Rowling en 30è place.
Vous trouverez l'intégralité de ce sondage en cliquant sur le lien ci-dessous:
http://www.touteleurope.fr/fileadmin/CIE/06-observatoire/...
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01.05.2008
La Mairie de Rome passe à droite
Contre toute attente, le scrutin municipal dans la ville Eternelle s’est révélé suicidaire pour le Partito democratico. Reconstituons les étapes. Romano Prodi rentre de Bruxelles après son mandat à la Commission Européenne. Il commence à préparer les élections de 2006. Francesco Rutelli est alors maire de Rome. Les primaires à gauche ont vu s’affronter Prodi et Rutelli. Ils ont conclu un accord avant que la gauche et le centre démocrate ne se déchirent trop. En cas de victoire, le chef de l’Ulivo prenait la Présidence du Conseil et le chef de la Margherita la Vice-présidence tout en laissant la mairie de Rome a un autre dignitaire de la Margherita : un certain Walter Veltroni. Et ainsi fut fait en avril 2006. En 2008, après la chute du gouvernement Prodi, Veltroni devient chef de file du Partito Democratico, le parti principal de centre gauche, refonte de la Margherita et des Démocrates de gauche. Malheureusement, comme j’ai pu déjà le rappeler dans ce blog, les democrates enregistrent une défaite face à la droite de Berlusconi.
Mais Walter Veltroni, s’étant présenté pour la Présidence du Conseil, il ne pouvait pas être en même temps Maire de Rome. Des élections anticipées ont donc eu lieu. Au premier tour, Francesco Rutelli arrivait en tête mais en ballotage. La victoire semblait pourtant acquise, ils avaient une majorité relative et encore un report de voix important. Mais lundi dernier, à la surprise générale, c’est Gianni Alemanno qui l’a emporté. Ainsi, Rome est pour la première fois à droite. Elle avait toujours été à gauche ou au centre.Gianni Alemanno a fait sa campagne sur la sécurité. En face, Rutelli n’a pas tenu sur ce thème glissant pour des démocrates. Alemanno est issu du parti de Gianfranco Fini, Alleanza Nazionale, un parti de refondation fasciste adoptant un discours light. Fini avait lui été élu Vice Président du Conseil de Berlusconi entre 2001 et 2006. C’était la première fois qu’un fasciste revenait au pouvoir depuis la période noire de Mussolini. La chose s’est donc banalisée en Italie. C’est tout un symbole pour Berlusconi et ses amis que de voir la capitale très à droite. Rutelli n’a malheureusement pas su séduire les Romains qui lui avaient pourtant offert deux mandats consécutifs. Alemanno est donc une surprise totale pour tous les observateurs de la politique italienne. Le poulain de Fini et Berlusconi aura donc fort à faire pendant son mandat car les Romains attendent une amélioration sur la délinquance mais ne le laisseront pas dilapider leurs valeurs de Dolce Vita.
13:02 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rome, rutelli, alemanno, veltroni, municipales, élections
24.04.2008
Résultats des élections en Italie
Concernant les résultats à la Chambre des députés : la coalition de Silvio Berlusconi obtient 344 sièges répartis ainsi : 276 pour il Popolo delle Libertà (coalition de Forza Italia et Alleanza Nazionale), 60 pour la Lega Nord et 8 pour le Mouvement pour l'autonomie du Sud. La coalition formée par Walter Veltroni obtient 246 sièges répartis comme suit : 217 sièges pour il Partito Democratico et 29 sièges pour Italia dei Valori de Di Pietro. L'UDC de Pier Ferdinando Casini obtient 36 sièges. Viennent ensuite les tous petits partis régionaux : 2 sièges pour SVP (SüdTyrol), 1 siège pour Autonomie Liberté Démocratie (Vallée d'Aoste) et 1 siège pour le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité absolu à la Chambre des députés est de 316 voix. Donc la coalition Berlusconi aura la majorité. Car même si la Lega Nord ne votera pas l'ensemble des lois, ils seront aidés par l'UDC pour obtenir la majorité.
Pour le Sénat, on est dans les mêmes proportions : la coalition Berlusconi disposera de 174 sièges. Il Popolo delle Libertà obtient 147 sièges, la Lega Nord 25 sièges et les autonomistes du sud 2 sièges. A gauche, Walter Veltroni réunit une coalition de 132 sièges : 118 pour le Parti Démocrate et 14 pour Italia dei Valori. L'UDC résiste avec 3 sièges. SVP obtient 2 sièges alors que SVP Ensemble pour les autonomies en obtient également 2. Vallee d'Aoste prend 1 siège tout comme le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité au Sénat est de 158 voix. La coalition de droite a donc aussi la majorité absolue. Mais là les voix de la Lega Nord seront primordiales pour la stabilité du gouvernement.
Concernant les régionales, en Sicile c'est la droite de Raffaele Lombardo qui l'emporte sans surprise avec 65,35%. En Frioule Vénétie Julie, c'est la droite aussi qui l'emporte avec 53,84% pour Tondo Renzo contre le mania du café Illy candidat sortant de la coalition du Parti Démocrate qui fait 46,16%.
Enfin, les municipales à Rome ont rendu le verdict du Premier Tour. Les chiffres sont plutôt favorables à Francesco Rutelli, Vice président sortant du Conseil des ministres de la coalition Prodi et Ministre sortant des Biens Culturels (portefeuille important en Italie), qui tente de récupérer le poste de maire de Rome qu'il avait laissé en 2006 à... Walter Veltroni. Il obtient en effet 46,68%. Son adversaire principal Giovanni Alemanno pour Il Popolo delle Libertà récupère 39,63%. Viennent ensuite la Flamme tricolore (le parti de Mussolini) avec 3,33%, l'UDC avec 3,15% et les amis de Beppe Grillo avec 2,66% puis une batterie de petits partis. Pour la Province de Rome on est dans la même configuration au lendemain du Premier Tour, avec un écart légèrement plus faible. Le Parti Démocrate reste en ballotage favorable à Rome.
13:36 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : popolo delle libertà, partito democratico, lega nord, italia dei valori, udc, rome, rutelli
15.04.2008
Berlusconi pour la troisième fois
Que ce soit au Sénat ou à la Chambre des députés, la droite sera majoritaire. Sortant d'une coalition fragile de centre gauche à l'extrême gauche, l'Italie a voulu donner une marge de manoeuvre suffisante à ses dirigeants. Cette coalition de gauche emmenée par Romano Prodi avait chuté fin janvier à cause de Clemente Mastella, alors Ministre de la Justice et Président de l'UDEUR (Union des Démocrates Européens – centre). Toute la fragilité politique italienne s'était illustrée au cours de cet événement. On se souvient des cris au Sénat lors du vote de la motion de censure contre le gouvernement Prodi et des sénateurs de droite débouchant le Champagne dans l'hémicycle ou même d'un Sénateur de Alleanza Nazionale mangeant un morceau de Mortadelle représentant Bologne, la ville de Prodi. La politique italienne est donc d'une puérilité à toute épreuve. Berlusconi qui avait perdu les élections d'une poignée de voix en 2006 demandait à chaque intervention publique de recompter les bulletins de vote et ce jusqu'en décembre 2007. Il n'avait vraiement pas digéré sa défaite pourtant salutaire pour l'Italie alors même qu'il avait utilisé des méthodes frauduleuses pour tenter de l'emporter : envoi de sms le jour du scrutin, demande d'envois de mms par les électeurs prouvant leur vote en faveur de la droite en échange de rémunération...
Pour cette élection anticipée de 2008, il semblerait que des méthodes similaires aient été utilisées par la mafia sicilienne et la mafia calabraise dont les bulletins de vote sont acquis à Berlusconi depuis bien longtemps. En tout état de cause, le leader de la droite italienne l'a emporté et il faudra faire avec de l'autre côté des Alpes. Quels ont été les enjeux politiques lors de cette élection? On peut citer la crise économique italienne, la crise des déchets en Campanie, l'éternel fossé Nord Sud, les infrastructures longues à se développer, la corruption en politique, le systéme électoral et la loi électorale, les liens avec le Vatican, les avancées sociales...
L'Italie déjà bien en retard économiquement et socialement, ce n'est certainement pas Berlusconi et son parti qui vont réussir à relever ce magnifique pays. En effet, ils vont devoir encore une fois gouverner avec la Ligue du Nord, parti d'extrème droite réclamant l'autonomie du nord de l'Italie, économiquement plus en avance que le sud. Ce parti est aussi celui qui avait sorti en 2004 la loi sur l'immigration très très peu favorable à l'entrée sur le territoire pour les populations extra communautaires et à la limite de la légalité pour les citoyens de l'Union Européenne. Il faut donc craindre que ce parti d'extrème droite anti européen ait une influence trop importante sur Berlusconi. En effet, Berlusconi n'aura la majorité absolue à la Chambre qu'avec les sièges de la Lega Nord. On retombe donc dans les fragilités du système politique italien où les coalitions contre nature sont nécessaires pour gouverner. Berlusconi a su prouver par le passé qu'il savait faire, on peut alors se demander si cette alliance droite – extrème droite est réellement contre nature !
Quoiqu'il arrive, c'est le Pape et la Conférence Episcopale Italienne qui vont être contents. Ils vont pouvoir encore s'ingérer joyeusement dans la politique italienne sans vergogne. C'est eux qui avaient appelés à l'abstention sur le référendum sur l'avortement, c'est eux encore qui ont poussé pour que le PaCS italien ne voient jamais le jour... Ils sont donc importants en Italie et encore plus influents lorsque la droite est au pouvoir.
Revenons maintenant sur la personnalité du futur Président du Conseil : Silvio Berlusconi. Il a déjà été deux fois à ce poste de 1994 à 1996 et de 2001 à 2006. C'est le seul à avoir réussi l'exploit de terminer un mandat. Parti de rien, vendeur d'aspirateurs, il est devenu l'homme le plus riche d'Italie. Il détient un club de football, le Milan AC, trois chaînes de télévisions (Rete 4, Canale 5 et Italia 1). Il est donc évidemment très proche de la Confindustria (association des patrons italiens). Vu comme le sauveur de l'Italie, ce vieil homme de 71 ans n'a peur de rien pour le paraître. Un trait de caractère et de marketing politique qui le rapproche en de nombreux points du Président français. Marié à une femme plus jeune que lui, maintes fois trompée, adepte du lifting et des lampes à UV, Berlusconi s'est fait changer le coeur après une attaque cardiaque lors d'un meeting dans la province de Parme pendant l'hiver dernier. Mais cet homme a une confiance absolu dans le système chirurgical de son pays et même de l'Union Européenne, car l'intervention chirurgicale a eu lieu non pas en Italie ou en Allemagne ou même en France ou au Royaume-Uni mais aux Etats-Unis chez son ami Georges W. Bush. Un ami qu'il apprécie énormément puisqu'il l'a aidé à intervenir en Irak avec quelques milliers de soldats contre la volonté des Italiens. En réalité, il n'a fait que suivre toute sa ribambelle d'amis : Aznar en Espagne, Blair en Angleterre, Kascynzski en Pologne. Dans l'Europe d'aujourd'hui, nombreux sont ses amis : Merkel, Brown, Vaclav Klaus en République Tchèque et Sarkozy bien évidemment, aussi petit et autoritaire que lui. Berlusconi entretient également de très bonnes relations avec les Grands dirigents d'entreprises. Avec les médias, on n'est pas dans la stratégie Sarkozy de copinages avec les rédacteurs en chef et les directeurs de l'information puisque c'est lui le patron des plus grands médias. C'est donc logiquement du Grand chef que viennent les directives. Et maintenant qu'il va être Président du Conseil pour la troisième fois, il aura aussi la main-mise sur les chaînes publiques de TV. Je parie sans prendre beaucoup de risque qu'une épuration intellectuelle aura lieu à la RAI dans les 12 prochains mois. Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore bien les problèmes de conflits d'intérêts en Italie, je conseille vivement de regarder le documentaire VIVA ZAPATERO. Il faudra donc être patient en Italie et il faudra supporter nos concitoyens européens transalpins face à ce qu'il se passera dans leur pays en mettant l'accent critique sur les dérives politiques à venir qui seront malheureusement inévitables.
Je communiquerai les résultats définitifs au plus tôt avec la projection en sièges.
16:04 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, veltroni, partito del popolo, partito democratico, élections, législatives, député
05.02.2008
Convoqués aux urnes !!
Depuis que le Président du Sénat de la République Franco Marini a été nommé pour mener des négociations en vue de former un gouvernement provisoire chargé d'effectuer la réforme électorale, on entendait Berlusconi crier pour une convocation aux urnes. Le président de Forza Italia peut être heureux. Marini s'est rendu à l'évidence, il ne sera pas possible de faire cette réforme électorale, la droite y est contre et tient bon sa position. Les conclusions des consultations politiques menées par Marini aboutissent bel et bien sur un échec. Il était pourtant le seul à pouvoir réunir droite et gauche.
Ce matin, les journaux (de droite) italiens annoncent une hypothétique date pour les élections anticipées. Cela signifie donc, que, selon l'article 88 de la Constitution italienne de 1948, le Président de la République Giorgio Napolitano prendra le décret de dissolution des assemblées parlementaires. Il devrait le faire demain ou au plus tard jeudi. L'article 61 de la Constitution dispose que les élections doivent se tenir dans les 70 jours suivant cette dissolution. Il y a donc fort à parier que la date retenue soit celle annoncée par Il Giornale et Il Messaggero, soit le 13 avril. Cette date est bien choisie dans la mesure où de nombreuses élections locales auront lieu ce jour ou sont prévues dans cette période de l'année. Deux régions ont déjà prévu les élections régionales : le Val d'Aoste et le Friuli-Venezia Giulia tout comme 13 provinces : Rome, Bolzano, Trente, Massa Carrare, Benevento, Foggia, Agrigento, Caltanissetta, Catania, Enna, Messine, Palerme et Siracuse. Il y a aussi 539 communes appelées à renouveller le maire.
Il faut ajouter à cela, le renouvellement des dirigeants de la région Sicile. Depuis la condamnation de Salvatore Cuffaro pour corruption et sa démission du 26 janvier, des élections seront convoquées. Le Statut régional sicilien prévoit une période de trois mois, les élections se tiendront donc avant le 26 avril.
De plus, de nombreux maires vont vouloir se lancer dans la bataille législative et briguer un siège au Palais Madame ou à Montecitorio. Ce sera vraisemblablement le cas de Walter Veltroni, actuel maire de Rome et président du Parti Démocrate. Il faut donc s'attendre à des élections municipales à Rome. Veltroni pourrait être le chef de file de la coalition de centre gauche pour ces élections contre Berlusconi qui espère retrouver le Palais Chigi pour la troisième fois.
Donc il y a fort à parier que l'"Election Day" soit le 13 avril. En conséquence, si les élections sont annoncées par le Président de la République, car c'est à lui seul que revient la décision, la réforme électorale pourrait ne pas intervenir avant un an. En effet, le référendum électoral déclaré admissible par la Cour Constitutionnelle et qui devait se tenir entre le 15 avril et le 15 juin pourrait ne pas avoir lieu cette année. Il revient désormais au Président de la République de prendre le décret convoquant la consultation référendaire, après avis du Conseil des Ministres. D'ailleurs, le Conseil est convoqué demain avec ce point à l'ordre du jour. Le référenudm propose de modifier la loi électorale actuelle en supprimant la prime pour la coalition qui obtient la majorité dans les deux assemblées en l'attribuant au seul parti qui obtient la majorité des voix et en abrogeant la loi qui permet les candidatures multiples.
13:40 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Marini, Italie, élections, Napolitano, Veltroni, Berlusconi
31.01.2008
Franco Marini nommé chef du gouvernement provisoire
Après le refus des Sénateurs de renouveller la confiance à Romano Prodi et à son gouvernement, l'Italie est entrée en crise politique. Cette affaire, qui a commencé par la démission du Garde des Sceaux Clemente Mastella, en pleine négociation sur la réforme de la loi électorale, devrait encore avoir des répercussions. Dernier épisode de la saga politique italienne, le Président de la République Giorgio Napolitano a nommé Franco Marini, Président du Sénat de la République, chef du gouvernement provisoire. Il aura pour tâche principale de relancer et de faire voter la réforme de la loi électorale. Il devra pour cela réunir les politiciens italiens autour d'un projet. Mais ce ne sera pas évident du tout. En effet, le paysage politique italien est bien plus complexe que le nôtre. Il y a beaucoup plus de partis politiques, donc de petits partis. Ce sont eux qui risquent de bloquer la réforme, à l'instar de l'UDEUR. Les petits partis veulent une loi qui leur permet d'être représentés à la Chambre et au Sénat. Dans l'autre sens, les grands partis (Parti Démocrate et Forza Italia) veulent une loi leur assurant une majorité stable. Même si le Président du Sénat est un homme assez consensuel, il n'est pas dit qu'il réussisse à mener la réforme. Contre lui et son projet, s'élèvent les voix de la droite qui réclament à grands cris des élections anticipées qu'ils sont sûrs de remporter à en croire les sondages.
Qui est Franco Marini ? Le nouveau Président du Conseil italien est né en 1933 dans un petit village des Abruzzes (centre-est de l'Italie). Il a d'abord été syndicaliste au sein de la CISL avant de rejoindre la politique comme Ministre du Travail du 7è gouvernement Andreotti en 1991. Il était d'abord au Parti Chrétien Démocrate avant de rejoindre le petit parti populaire italien. Devant l'échec électoral, ce parti se fond et se refonde au sein de la Margherita (centre). Il aura été élu au Parlement Européen en 1999 où il siègera avec ADLE. Lors des primaires à gauche en 2005, il réussit à convaincre Francesco Rutelli et Romano Prodi de la nécessité pour la Margherita de se présenter seule aux élections législatives en 2006. En mai 2006, une fois élu Sénateur, il sera élu par ses pairs Président du Sénat. Lors de son investiture, il a fait une déclaration restée célèbre : « Je serais le président de tout le Sénat et [...] je serais le président de vous tous avec une grande attention et un grand respect pour les prérogatives de la majorité et celles de l'opposition comme il se doit dans une vraie démocratie bipolaire,
à laquelle je crois également avoir modestement contribué par mon apport, à réaliser dans notre pays ». Ce démocrate de longue date occupe donc aujourd'hui un rôle de grande importance dans la recherche de la sortie de crise. Il occupera donc le Palazzo Chigi jusqu'à nouvel ordre.
14:30 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marini, Sénat, Italie, crise, Chigi, loi électorale, réforme
25.01.2008
Le retour de la vieille politique italienne
Je vous l'avais annoncé avant même que les JT n'en parlent, Prodi devait se soumettre à la procédure de la question de confiance. Cette fois-ci, je n'ai pas la prétention d'être le premier. Mais le résultat est le même. A la chambre, bien évidemment, la confiance a été adoptée. Mais le souci de la loi électorale Berlsuconi, c'est bien le Sénat.
Prodi n'avait plus de majorité depuis la défection des parlementaires de l'Unione dei Democratici per l'Europa (UDEUR) partis avec Mastella. L'effet boule de neige que je pressentais est donc survenu.
Prodi a donc présenté sa démission au Quirinale hier soir après avoir perdu la question de confiance devant le Sénat par 151 voix contre 156. Romano Prodi a dû se démettre après ce vote dont le malheureux résultat est l'oeuvre des sénateurs à vie (4 sur 5 présents ont voté contre). Pour l'instant Romano Prodi expédie les affaires courantes, selon ce que lui a demandé
Giorgio Napolitano, le Président de la République. Dès cet après-midi, Napolitano commencera les consultations. Il recevra dans un premier temps Fausto Bertinotti, Président de la Chambre des députés et Franco Marini, Président du Sénat de la République. Je suppose que vous avez été aussi choqués que moi en voyant les images filmées à l'intérieur de l'hémicycle du Palais Madame montrant les sénateurs majoritaires d'opposition déboucher le Champagne, criant, manifestant leur joie en insultant allègrement les sénateurs de l'Unione. C'est donc une victoire de Berlusconi qui s'est empressé de demander la convocation d'élections législatives anticipées avec le système électoral actuel. Heureux, Il Cavaliere a rappelé qu'il essayait de faire chuter le gouvernement depuis Noël. A cette occasion, on a aussi vu le retour d'un homme plus que détestable: le fameux Rocco Buttiglione
, leader de l'UDC (Union des Chrétiens-Démocrates). Souvenez-vous, il s'agit du malheureux candidat italien à la Commission Européenne, écarté par la menace de censure de la Commission par le Parlement Européen. A l'époque, le Parlement Européen avait invoqué les propos homophobes de Buttiglione.
Mais revenons sur les déclarations du Président du Conseil démissionnaire. Prodi a déclaré hier soir "je savais depuis 24 heures que je ne passerai pas au Sénat. Je l'ai fait quand même par honnêteté institutionnelle. Le seul espoir était que Mastella change d'avis et alors les autres auraient fait marche arrière. Je l'ai fait par respect pour les électeurs. Il ne faut pas de nouvelles élections comme le demande Berlusconi. Ce serait un désastre, on retomberait dans cette espèce de tunnel dans lequel je me suis trouvé et qui m'a ralenti pendant 20 mois. Il faut arriver à un gouvernement de trève". On l'a su hier, Prodi s'était rendu au Quirinale pour s'entretenir avec le Président à deux reprises. Giorgio Napolitano lui avait suggéré de démissionner avant et ainsi ne pas se soumettre à l'humiliation inévitable du Sénat.
Mais Romano Prodi a voulu aller jusqu'au bout. C'est honorable. Le Vice-président du Conseil, l'ancien maire de Rome Francesco Rutelli a la défaite amer. Quand les journalistes lui ont demandé ce qu'il retirait de la soirée, il a déclaré : Pugnalatori !(Poignardeurs).
Si le Président Napolitano convoque des élections anticipées, qui pourrait succéder à Prodi ? A droite, il y a 3 candidats possibles :
Berlusconi évidemment, Fini (l'ami de Sarkozy plus à droite que Berlusconi) et Buttiglione (supo du Vatican). Côté gauche, je vois aussi 3 candidats issus du nouveau Parti Démocrate : Walter Veltroni
(maire de Rome), Francesco Rutelli, Vice-président du Conseil sortant ou Piero Fassino (ancien Communiste). Je parierais sur un combat Veltroni-Berlusconi. Mais les sondages sont acquis à la droite pour l'instant.
12:30 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Italie, démission, Prodi, Berlsuconi, Napolitano, Buttiglione, Rutelli
17.01.2008
Le Ministre de la Justice Italien démissione
La nouvelle est tombée hier soir en séance à la Chambre des députés. Le Ministre de la Justice, Clemente Mastella, a annoncé qu'il démissionait. Cette décision fait suite à un scandale de corruption dans la région de Naples, la Campania. Le parti de Clemente Mastella, l'Udeur, faisait l'objet d'une enquête de la magistrature. C'est un peu le comble pour un Ministre de la Justice !! Romano Prodi, le Président du Conseil, lui avait demandé de rester à son poste, mais les images des perquisitions au domicile conjugal montrant la femme du Ministre avec les policiers ont eu un effet net pour le Président de l'Udeur, entraînant sa démission du gouvernement. En attendant, Romano Prodi assumera l'interim.

Cette démission est de loin ce que Prodi ne pouvait pas se permettre. A la tête d'une coalition fragile, il n'y a pas de doute que l'opposition va tenter de renverser une ennième fois le gouvernement Prodi. Du point de vue de la stabilité de la coalition, cette vague pourrait faire du mal. Même si depuis la fondation du Parti Démocrate les choses vont un peu mieux, la coalition n'en est pas moins hétéroclyte. De l'extrème gauche au centre, l'Unione pourrait pâtir de cet événement. En effet, l'ex ministre, à la tête de la petite formation centriste, maintenait un certain équilibre. L'Udeur, le parti le plus à droite de la coalition de gauche, permettait d'avoir la majorité au Sénat. C'est maintenant Berlusconi qui va en faire ses choux gras s'il réussit à faire passer une motion de défiance. Alors que l'Udeur vient d'annoncer qu'il quittait la coalition gouvernementale, on est peut-être entrain d'assister aux derniers jours de Prodi au pouvoir. L'heure est donc grave au Palais Chigi, au Palais Madame et à Montecitorio.
14:25 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Mastella, Italie, démission, Prodi, ministre, justice, Udeur
02.01.2008
Milan adopte un Péage urbain
La ville de Milan a instauré depuis ce matin un péage pour les véhicules afin de réduire le trafic et la pollution dans le centre, un "éco-pass" pouvant aller jusqu'à dix euros pour entrer dans la capitale économique italienne. Le montant du droit d'entrée dépend du véhicule, les voitures les moins polluantes en sont exonérées alors que les plus polluantes paient le prix fort. Cette expérience, la première du genre en Italie, vise à réduire la pollution de l'air à Milan, et s'inscrit dans un programme plus large de développement des transports publics et des espaces verts dans une ville souvent en proie à un brouillard de
pollution. Les visiteurs réguliers peuvent acheter un passe multi-entrées moitié moins cher que le forfait quotidien. Les habitants du centre-ville paient une taxe annuelle s'ils possèdent une voiture très polluantes, allant de 50 à 250 euros l'année. Le péage s'applique du lundi au vendredi, entre 7h30 et 19h30.
Je trouve cette initiative très intéressante. Après Londres et Stockholm, c'est une autre grande ville qui applique le système du péage urbain pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le centre-ville. Cela devient donc plus qu'une piste de reflexion. Le succès londonien en atteste. Il va falloir penser à utiliser les mêmes moyens dans nos villes françaises, à commencer par Lyon peut-être? Si on veut faire de Lyon une ville à la pointe du développement durable, je pense que c'est une des solutions à adopter. Pour un retour de la biodiversité en ville, pour des questions de santé publique et pour simplement bien vivre en ville, la réduction de la circulation est plus que nécessaire. Cela dit, pour qu'une ville réussisse un tel pari, il faut aussi repenser la politique du logement dans les centre-villes. Mais si on n'amorce pas la pompe, rien ne se fera.
23:10 Publié dans Environnement, Italie, Lyon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Milan, péage urbain, Italie, centre ville, circulation, gaz à effet de serre, pollution
19.11.2007
Berlusconi: le come-back?
L'ancien Président du Conseil Italien Silvio Berlusconi a annoncé hier soir officieusement la création d'un nouveau parti politique à droite. Aujourd'hui encore à la tête de Forza Italia, l'ancien chef de la coalition au pouvoir jusqu'en 2006 entend redonner une dynamique à droite pour une opposition plus forte au gouvernement de Romano Prodi. Ce nouveau parti politique s'appelle Partito del Popolo e delle Libertà (parti du peuple et des libertés). On note, par le nom, l'attachement au PPE (parti populaire européen) et au nom de la coalition de droite (Casa delle Libertà). Ce nouveau parti est destiné clairement a repropulsé le président de Mediaset et du Milan AC au Palais Chigi.
Mais à droite, ce nouveau parti ne fais pas l'unanimité. Il déclenche même plus de tensions que de sentiments positifs. Le leader de AN (Alleanza Nazionale - refondation du parti fasciste) Gianfranco Fini a annoncé que ce parti n'apporte rien dans la vie politique italienne. Berlusconi s'obstine à garder le leadership de l'opposition selon Fini. Il a aussi déclaré que le fait de vouloir obstinément obtenir des élections anticipées n'a comme seule conséquence de maintenir Prodi au pouvoir, avec une "assurance vie". Fini est devenu très critique face à son ancien chef de file. Il espère de moins en moins secrètement prendre la tête de la coalition de droite aux prochaines élections. Umberto Bossi, le Président de la Lega Nord (parti sécessioniste italien, anti Sud et xénophobe), a annoncé que la création de ce parti n'aura pas pour conséquence de créer un parti unique à droite. Du côté des chrétiens-démocrates de l'UDC, Pier Ferdinando Casini a annoncé que ce parti ne changeait absolument rien: "l'interlocuteur à droite reste Silvio Berlusconi". Mais l'UDC se félicite de sa volonté de s'asseoir à la table des réformes, et notamment celle du système électoral. En effet, ils sont désormais deux à droite à soutenir un système à l'allemande pour obtenir une majorité claire tout en gardant une pluralité de partis politiques. Sauf que: en Allemagne aussi la coalition est fragile.
13:35 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Italie, Berlusconi, Prodi, Casini, Fini, parti politique, parti du peuple et des libertés




