23.06.2009
Italie : référendum inutile et percée des Démocrates
Hier soir étaient annoncés les résultats des consultations électorales en Italie. Les Italiens s'exprimaient par référendum sur la modification de la loi électorale. Mais ils se déplaçaient aussi pour élire leur maire, dans certaines villes, et leur conseil provincial (sorte de Conseil Général).

Sur le référendum d'abord : 3 questions étaient posées. La première demandait si, à la Chambre des députés, la prime au vainqueur aux élections législatives étaient accordées au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête. La deuxième question concernait la prime au vainqueur au Sénat de la République et demandait de faire passer cette prime au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête mais sur une assiette régionale. Enfin, la troisième question concernait l'abolition des candidatures multiples. Il faut savoir qu'il est possible de se présenter dans plusieurs villes, provinces, etc, pour la même élection. C'est d'ailleurs ainsi que Silvio Berlusconi était tête de liste aux Européennes dans toutes les circonscriptions italiennes. Le résultat du référendum donne une large victoire au oui pour les trois questions (environ 75%). Mais la loi électorale n'en sera pas changée pour autant car il fallait atteindre le seuil de 50% de participation pour valider le référendum. Donc statut quo pour le plus grand bonheur des petits partis politiques dont la Lega et IDV. La participation à ce référendum n'atteint en effet que 23,4% et 24% pour la troisième question.
Sur les élections provinciales, on enregistre une victoire du Parti Démocrate. Dario Franceschini, le secrétaire général du Parti Démocrate s'est félicité de ce score. Selon lui, il s'agit du début du déclin de Berlsuconi. Il semble en effet que la droite fasse les frais des aventures du Président du Conseil. Alors que les dernières élections administratives avaient coûté le poste à Walter Veltroni à la tête du PD, cette élection renforce le Secrétaire général Franceschini pour les échéances internes de l'automne.
La participation aux élections provinciales atteint 46% seulement. Parmi les provinces appelées à renouveller leur conseil et leur Président, Prato la rouge passe à droite. Milan passe aussi à droite pour une poignée de voix. Guido Podestà l'emporte avec 50,21% des voix devant le président sortant Filippo Penati qui obtient 49,79% des voix. Penati l'avait emporté la dernière fois grâce aux divisions de la droite, cette fois-ci réunie. La province de Venise passe aussi à droite. Le centre gauche l'emporte, en revanche, dans presque toutes les autres provinces appelées à voter comme à Turin où Armando Saitta, sortant, obtient 57%. Le centre gauche gagne encore dans les provinces d'Alessandria, de Rimini, d'Arezzo, de Parme, de Ferrare, de Rovigo ou de Brindisi.
Même constat pour les élections municipales, le centre gauche arrive en tête presque dans toutes les grandes villes. La participation était de 61% contre 76% au premier tour. Le centre gauche conserve Bologne, Florence et Bari. A Florence, le nouveau Maire Matteo Renzi a organisé une grande fête en ville hier soir. Il l'emporte avec un peu moins de 60% de voix. A Bologne, même rapport de force pour le nouveau maire Flavio Delbono (un peu plus de 60% des voix) qui succède à Sergio Cofferati, élu député européen le 7 juin. En plus de cela, les villes de Ferrare, Ancona, Forlì, Padoue, Potenza, Prato ou Avellino passent ou restent au centre gauche.
L'alliance avec les centristes (centre droite) de l'UDC aura été décisive pour le maintien de Bari et la province de Turin. Alors que, de leur côté, Renzi et Delbono gagnent Florence et Bologne sans le soutien de l'UDC. L'UDC a en effet préféré adopter une stratégie au cas par cas en fonction des villes et des provinces au lieu de signer un accord national.
13:41 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : référendum, italie, parti démocrate, peuple de la liberté, berlusconi, franceschini, bologne, milan, turin, province
11.08.2008
Le petit-fils Pininfarina est mort
Andrea Pininfarina, PDG du célèbre carrossier italien du même nom, a été tué jeudi 7 août au matin dans un accident de la circulation dans la banlieue de Turin. L'industriel, âgé de 51 ans, a été renversé par une voiture alors qu'il conduisait sa moto, selon la même source.
Andrea Pininfarina appartenait à la troisième génération de cette famille industrielle turinoise, qui avait transformé le petit atelier de carrosserie créé en 1930 par le grand-père Giovanni en une marque mondiale du design automobile industriel grâce au père, le célèbre carrossier et designer Sergio Pininfarina. Ce dernier, âgé de 81 ans, est toujours président honoraire de la société.
Père de deux autres enfants, il avait cédé son poste de PDG à son fils Andrea, il y a six ans. Andrea Pininfarina, père de trois enfants, ingénieur mécanique de formation, était entré dans l'entreprise familiale en 1983. Il a été vice-président de Confindustria, l'organisation patronale italienne, de 2004 à 2008.
Spécialisé dans l'assemblage de modèles sportifs (coupés, cabriolets) pour le compte de grands constructeurs, le groupe Pininfarina s'était illustré en 2006 en dessinant la torche olympique des jeux Olympiques d'hiver de Turin. Mais le groupe est plus connu pour la réalisation design de nombreuses Ferrari, Maserati, Alfa Romeo ou encore des Peugeot 206 CC ou 406 coupé.
En difficulté financière, Pininfarina, dont le chiffre d'affaires s'élève à 670,4 millions d'euros, avait obtenu en avril dernier le soutien de trois industriels italiens et du français Vincent Bolloré pour appuyer son plan de relance et participer à une augmentation de capital de 100 millions d'euros. A cette occasion, Andrea Pininfarina avait annoncé l'intention de la famille, actionnaire à 55% de la société, de descendre dans le capital pour laisser de la place aux nouveaux investisseurs, tout en gardant une participation de 30%.
Le carrossier a subi l'an dernier une lourde perte nette de 114,9 millions d'euros, contre 22 millions un an plus tôt. Pour réduire ses pertes, le groupe italien a mis en place un plan industriel. Il a par ailleurs renforcé son activité de design automobile et d'ingénierie, plus rentable, et a accentué ses efforts sur la voiture électrique. Avec le groupe Bolloré, Pininfarina a notamment mis au point une voiture 100% électrique, qui doit être disponible à partir de juin 2009.
20:14 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pininfarina, design, automobile, italie, confindustria, turin, carossier
05.08.2008
La gauche italienne se mobilise contre Berlusconi
Antonio di Pietro, le juge de l'affaire Mani Pulite, et politicien depuis son retrait de la magistrature, va lancer la machine institutionnelle menant au processus de référendum abrogatif. Italia dei Valori, le parti de di Pietro, se met en ordre de marche.
La Constitution italienne est dotée d'une disposition, que nous aurons aussi en France sous d'autres formes, qui permet de demander un référendum pour abroger une loi. C'est contre la loi dite "Salva Premier" (comprendre "sauve les fesses du Président du Conseil") que cette disposition sera utilisée. En effet, Silvio Berlusconi a fait voter une loi donnant l'immunité aux 4 plus hautes charges de l'Etat italien. Donc une loi lui donnant l'immunité. Le Président du Conseil italien est en effet impliqué dans deux procès qui pourraient lui coûter sa place.
Mais le juge di Pietro ne compte pas se laisser faire et il n'est pas seul sur le coup. Sinistra democratica et Partito democratico sont aussi engagés. Mais le climat est tendu entre les différentes formations de gauche. Il faudra néanmoins les quelques 500.000 signatures d'électeurs italiens pour déclencher le référendum. L'article 75 est rédigé ainsi : "Un référendum populaire est fixé pour décider l'abrogation, totale ou partielle, d'une loi ou d'un acte ayant valeur de loi, lorsque cinq cent mille électeurs ou cinq conseils régionaux le demandent. Le référendum n'est pas admis pour des lois fiscales et budgétaires, d'amnistie et de remise de peine, d'autorisation à ratifier des traités internationaux. Tous les citoyens appelés à élire la chambre des députés ont le droit de participer au référendum. La proposition soumise au référendum est approuvée si la majorité des électeurs a participé au scrutin, et si la majorité des suffrages valablement exprimés a été atteinte. La loi établit les modalités d'application du référendum."
Italia dei Valori considère que cette loi d'immunité viole l'article 3 de la Constitution italienne qui dispose que "Tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d'opinions politiques, de conditions personnelles et sociales. Il appartient à la République d'éliminer les obstacles d'ordre économique et social qui, en limitant de fait la liberté et l'égalité des citoyens, entravent le plein développement de la personne humaine et la participation effective de tous les travailleurs à l'organisation politique, économique et sociale du pays." Il est donc compréhensible d'opposer l'égalité de tous les citoyens devant la loi avec les immunités de 4 personnes parce qu'elles occupent ces charges publiques.
Il Partito Democratico parle lui de "défendre la démocratie et la constitution" par le biais d'une autre pétition, sa propre pétition. L'objectif est de recueillir 5 millions de signatures à la pétition intitulée "Sauver l'Italie, pas le Premier". Les cadres du parti entendent rassembler ceux qui pensent qu'il faut "dire non à un gouvernement qui ne respecte pas les règles de la démocratie, force la main sur le thème de la justice et ne fait rien pour faire augmenter les salaires et les retraites alors que l'Italie traverse une crise profonde et que les familles n'arrivent plus à joindre les deux bouts". Les signatures devront être recueillies avant le 25 octobre, jour de manifestation nationale du Parti.
Les différents partis vont donc batailler pour recueillir les précieux sésames. Une lutte d'influence a aussi lieu entre les partis de la gauche italienne pour savoir lequel obtiendra le plus de signatures entre le référendum abrogatif d'Italia dei Valori et la pétition plus générale du Partito Democratico. Sinistra democratica soutient quant à elle l'idée du référendum, mais selon eux, ça ne suffit pas. Il faut dire aussi qu'ils auraient bien aimés en être à l'origine. Bref, le chef du parti qui réussira sera alors considéré comme le véritable leader de l'opposition. Italia dei valori estime que Veltroni, le premier secrétaire du Parti Démocrate, a une ligne ambiguë face au gouvernement. Sinistra democratica, très à gauche, parle même de "Veltrusconi". Les signatures de la pétition du référendum abrogatif devront être déposées le 8 janvier 2009 à la Cour de Cassation.
Selon Antonio di Pietro, le peuple italien devra répondre à la question suivante : "volete voi che sia abrogata la legge "salva Premier", quella che Berlusconi si è fatto per non farsi processare? O volete che sia giusto che quattro persone e soprattutto chi è già sotto processo si faccia una legge all'ultimo momento in modo da non farci sapere se alla Presidenza del Consiglio abbiamo una brava persona o un poco di buono?"
En français, ça donne : "Vous, voulez-vous que soit abrogée la loi Sauve Président du Conseil, celle que Berlusconi s'est faite faire pour ne pas se faire poursuivre en justice? Ou voulez-vous qu'il soit juste que 4 personnes et surtout qui est déjà en procès se fasse une loi au dernier moment de façon à ne pas savoir si nous avons comme Président du Conseil une bonne personne ou un moins que rien?"
21:40 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : italia dei valori, italie, di pietro, veltroni, constitution, loi, justice
01.08.2008
Protégeons le site des Bouches de Bonifacio
Pour être en train de préparer mon mémoire de fin de M2 Recherche Droit de l'environnement sur les Aires Spécialement Protégées d'Importance Méditerranéenne, je suis particulièrement sensible à la protection du milieu marin. Pour avoir passé tant de moments inoubliables dans ces Bouches de Bonifacio, j'y suis logiquement très attaché. C'est donc très naturellement que je vous propose le communiqué de Greenpeace sur la protection de cette aire marine et la vidéo montrant leur action. Retrouvez donc ci-dessous le message de Greenpeace accompagnant la demande d'interdiction du transit des cargos dangereux dans les Bouches de Bonifacio.
Bonifacio, le 30 juillet - A 11h00 ce matin, une dizaine d’activistes de Greenpeace a déployé une banderole sur la citadelle de Bonifacio en Corse demandant de « protéger les Bouches de Bonifacio ». Une demande adressée tant au gouvernement français qu’italien.
Dans les Bouches de Bonifacio, situées entre la Corse et la Sardaigne, 3 000 navires transitent chaque année dont 300 transportant des cargaisons dangereuses. Face au risque d’accident, les gouvernements français et italien ont décidé dès 1993 d’entamer un processus de protection du site, notamment en interdisant le passage des navires transportant des cargaisons dangereuses battant pavillon français et italien. Greenpeace demande que cette interdiction soit étendue à l’ensemble des cargos dangereux quelque soit leur pavillon.
« La question n’est pas de savoir s’il existe un risque d’accident mais quand il se produira, déclare Stéphan Beaucher, chargé de campagne océans de Greenpeace France. Les autorités doivent dès maintenant agir pour protéger ce site exceptionnel menacé par le trafic maritime. Un naufrage dans les Bouches de Bonifacio conduirait à une véritable catastrophe écologique pour la Méditerranée mais aussi pour l’économie locale qui dépend majoritairement du tourisme. Ce risque est d’autant plus grand que des navires battant pavillon français et italien continuent de transiter dans ce détroit malgré l’interdiction prise par leur gouvernement ».
Les gouvernements français et italien doivent négocier et présenter à l’OMI (Organisation maritime internationale), seule autorisée à réguler le trafic maritime dans les détroits internationaux, une proposition afin que soit créée une PSSA (Particulartly Sensitive Sea Area) dans les bouches de Bonifacio, l’outil indispensable pour mettre en place des mesures qui permettraient une protection effective de la zone en terme de navigation.
Cette interdiction généralisée doit intervenir comme préalable à la création du parc marin international corso sarde, dont le processus est en panne depuis une dizaine d’années. « Jean-Louis Borloo, le ministre français de l’environnement doit se saisir de ce dossier fondamental pour la protection de la Méditerranée », ajoute Stéphan Beaucher.
Bonifacio, le 31 juillet - Après avoir posé une banderole hier sur la citadelle de Bonifacio, aujourd’hui, vers 11 heures, des activistes de Greenpeace à bord de zodiacs ont déployé une banderole “Stop cargos dangereux” le long du Hyundai Supreme. Ce cargo transitait dans les bouches de Bonifacio en transportant environ 560 tonnes de substances dangereuses de catégorie 8 et 9, degrés de dangerosité les plus élevés de la classification établie par l’OMI (Organisation Maritime Internationale). Le navire battant pavillon panaméen avait préalablement déclaré sa cargaison aux sémaphores de Pertusato et de la Madallena, les autorités françaises et italiennes en charge de la surveillance du trafic maritime, au moment d’entrer par l’ouest dans le détroit des Bouches de Bonifacio.
Depuis trois jours, l’Arctic Sunrise, l’un des trois navires de Greenpeace, était présent dans les Bouches de Bonifacio pour demander l’interdiction du passage de tous les cargos dangereux dans ce détroit international. Dès que le Hyundai Supreme a déclaré par radio sa cargaison aux autorités maritimes, les activistes de Greenpeace lui ont demandé de confirmer qu’il transportait bien des matières dangereuses. Face au refus du navire, l’équipage de l’Arctic Sunrise a mis à l’eau deux zodiacs et fait décoller son hélicoptère pour aller à la rencontre du porte-conteneur transportant des cargaisons dangereuses. Les activistes ont alors déployé les banderoles le long du Hyundai Supreme et l’ont escorté jusqu’à la sortie du détroit.
Le navire contenait des substances dangereuses pour l’environnement, dont certaines classés 8 (produits ammoniaqués) et 9 (dérivés d’éthanol), degrés de dangerosité les plus élevés dans la classification internationale en vigueur pour les matières transitant par mer.
20:00 Publié dans Environnement, Gouvernement, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : greenpeace, environnement, bonifacio, bouches, parc marin, trafic maritime, corse
27.07.2008
Berlusconi se fait voter son immunité
Silvio Berlusconi a remercié les parlementaires italiens de lui avoir accordé l'immunité judiciaire, synonyme pour lui de "liberazione". Il a déclaré dans une réunion à huis clos avec des sénateurs "enfin, les magistrats ne peuvent plus me persécuter, vous m'avez libéré. Maintenant, je pourrai travailler tranquillement le samedi sans avoir à rencontrer mes avocats".
Le Président de la République Giorgio Napolitano a promulgué cette loi mercredi, la loi lui étant aussi favorable. La nouvelle loi accorde en effet l’immunité aux 4 charges de l’Etat les plus importantes : le président de la République, le président du Conseil des ministres, le président de la Chambre des députés et le président du Sénat.
Cette loi a été écrite sur mesure pour le vieux magnat des médias tout lifté, qui est poursuivi dans deux affaires de corruption. Le chef du gouvernement italien est soupçonné par un magistrat milanais d'avoir versé 600.000 dollars à l'avocat britannique David Mills avec des "fonds secrets" de son empire médiatique Mediaset pour que celui-ci passe sous silence des informations potentiellement compromettantes sur ses activités. Son nom est également cité dans une enquête pour collusion entre la télévision publique et son groupe médiatique.
Se décrivant lui-même comme "la créature la plus poursuivie de l'univers", Berlu est entré en guerre ouverte contre les magistrats italiens, qu'il accuse de chercher à le déstabiliser politiquement. Au total, Berlusconi a été entendu 2500 fois par la justice, a reçu 587 visites de police et dépensé 174 millions d'euros pour se défendre durant sa carrière politique. Il a gagné tous les procès auxquels il a dû faire face, que ce soit par acquittement (intimidations ?) ou par prescription. Ses gouvernements ont fréquemment remodelé les lois relatives à la prescription et bizarrement toujours à son avantage !!
18:39 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, immunité, italie, loi
11.07.2008
Berlusconi aime les lois ad personam

Le vieux Berlu tout lifté, le chef du gouvernement italien, a obtenu hier une première victoire à la chambre des députés en faisant adopter un projet de loi nauséabond qui accorde l'immunité aux quatre plus hautes charges de l'Etat. Et parmi ces hautes charges, bien évidemment, on trouve le Président du Conseil. Cette immunité serait limitée à la durée du mandat. C'est donc une aubaine pour le mafieux Berlusconi, actuellement impliqué dans deux procès dont un pour corruption !!! La décision des députés a beau choquer les magistrats et l'opposition, elle risque d'être confirmée par le Sénat avant la fin juillet. Et, cerise sur le gateau, un autre texte proposé par le Gouvernement suspendrait pendant un an les affaires les moins urgentes, dont celles du papi milanais.
Walter Veltroni, le Président du Parti Démocrate, a déclaré à ce sujet que l'urgence pour le Président Berlusconi ne devrait pas être cette loi mais plutôt l'intervention sur l'instrument fiscal pour les salaires et les retraites. Italia dei Valori, le parti de l'ancien juge anti-corruption Di Pietro, a organisé une manifestation mardi dernier pour dénoncer une utilisation de la justice à des fins personnelles.
20:27 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, berlusconi, loi, magistrat, gouvernement, président du conseil, affaires
22.05.2008
Composition du "nouveau" gouvernement italien : visions d'horreur

La composition fait un peu peur. Je vous livre les détails les plus importants, parce que 59 ministres, c'est un peu beaucoup. La moyenne d'âge du gouvernement Berlusconi IV est de 58 ans. C'est un gouvernement italien dans la moyenne. Des vieux, des vieux et quelques jeunes pour faire écran. Côté parité homme-femme, bien que ce principe soit souvent très contraignant, là c'est vraiment une honte, sur 59 ministres, on trouve 9 femmes pour 50 hommes.
La coalition avec la Lega Nord pour avoir une majorité a évidemment des conséquences dans la composition : 8 membres dont les dirigeants infames Umberto Bossi (Ministre sans portefeuille aux réformes pour le fédéralisme - photo à gauche) et Roberto Maroni qui est le nouveau Ministre de l'Intérieur (photo à droite). Avec lui à l'Intérieur, je vous garantie que la police va se sentir pousser des ailes sans même avoir à prendre du RedBull. C'est un Sarkozy en bien pire, on est proche de Jean-Marie Le Pen. Imaginez un De Villiers sévère chef de la police et vous comprendrez que les libertés vont en pâtir. Mais venant de la Lega, il y a aussi le sous secrétaire d'Etat à la simplification du droit Maurizio Balocchi qui travaillera avec le Ministre sans portefeuille Roberto
Calderoli. Il y a encore Michelino Davico secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Daniele Molgora secrétaire d'Etat à l'économie, Francesca Martini, secrétaire d'Etat aux politiques sociales, Luca Zaia Ministre de l'agriculture et enfin Roberto Castelli secrétaire d'Etat aux infrastructures et aux transports. Berlusconi leur a donc laissé des places dans tous les domaines importants, comme s'il voulait les laisser verrouiller les grands projets.
Alleanza Nazionale est aussi présent, puisque dans la coalition du Pôle des Libertés. Du coup l'estimation du nombre de représentants de cette branche très à droite de la droite italienne est difficile. Néanmoins, on peut remarquer la présence d'Altero Matteoli comme Ministre des Transports, d'Ignazio La Russa, Ministre de la Défense et d'Andrea Ronchi, Ministre sans portefeuille aux politiques communautaires. Messieurs dames, tremblez pour l'Europe avec un souverainiste à ce poste.
Pour les autres postes, Franco Frattini, rappelé de son poste de Commissaire européen à la Justice, devient le nouveau Ministre des affaires étrangères. Angelino Alfano est le Ministre de la Justice Berlusconi, il sera certainement appelé à présenter des projets de lois nauséabonds qui n'auront comme unique objectif que de sauver les fesses du Premier Ministre et de ses amis proches. Claudia Scajola est Ministre du développement économique. Le francophone et très désagréable Giulio Tremonti (photo) revient à l'économie et aux finances, c'est Christine Lagarde qui va péter un boulon en Conseil ECOFIN. Mariastella Gelmini est ministre de l'éducation, des universités et de la recherche. Maurizio Sacconi s'occupera lui de l'Emploi, de la Santé et des politiques sociales. Les homos ne sont pas prêts de voir un PaCS ! Stefania Prestigiacomo sera la Ministre de l'Environnement, de la protection du territoire et de la mer et Sandro Bondi sera en charge des Biens et des activités culturelles. Enfin, il faut noter la présence d'un ami proche du vieux Silvio comme Sous secrétaire d'Etat sans attribution auprès du Président du Conseil, il s'agit de Gianni Letta, ancien Président de la commission d'attribution du titre de Cavaliere del lavoro qui a primé ce vieux Berlu tout lifté.
C'est donc pas joli joli de l'autre côté des Alpes. Je me prend même à penser qu'on quand même super bien lotis en France avec Hortefeux et Sarkozy !!! C'est pour dire !!! Courage à tous les Italiens.
10:00 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, président du conseil, forza italia, lega nord, alleanza nazionale, berlusconi
10.05.2008
Palmarès des Européens préférés des Français
Bienvenus sur la 100è note de ce blog !!!
Pour illustrer cette 100è note, c'est évidemment de l'Europe dont je vais vous parler en vous présentant les résultats du Palmarès des Européens préférés des Français. Ce palmarès est un sondage commandé par touteleurope.fr à CSA. Les Français font la part belle aux sportifs et aux célébrités. Les politiciens arrivent ensuite.
C'est Michaël Schumacher, le pilote de F1 sept fois Champion du Monde, qui arrive en tête du classement. On trouve derrière lui la belle actrice Italienne Monica Bellucci. En 3è place, c'est étrangement la Reine Elysabeth II. Allez comprendre !!!! La quatrième place est détenue par Angela Merkel, qui fait figure d'exception dans ce classement, car c'est la seule politicienne dans les 10 premiers. La 5è et la 6è place sont occupés par des sportifs qui ont plus l'habitude de finir premier (encore que, en ce moment, pas pour tout le monde !!) : Ellen McArthur et Fernando Alonso. En 7è position, c'est le Pape Benoît XVI. Sans commentaire. Deux tennismen occupent les 8è et 9è place, Rafaël Nadal devant Roger Federer. C'est Carla Bruni qui arrive en 10è position. Viennent ensuite, Benoît Poelvoorde, Roberto Benigni, Lech Walesa, David Beckham et José Luis Zapatero. Puis Cristiano Ronaldo, Pedro Almodovar, Karl Lagerfeld, Justine Hénin, Felipe Gonzalez, Johnny Wilkinson, Amélie Nothomb, Gordon Brown (c'est étrange), José Manuel Barroso, Emir Kusturica, Silvio Berlusconi (quelle honte !!!), Tom Boonen, Javier Solana, Amy Whinehouse et enfin JK Rowling en 30è place.
Vous trouverez l'intégralité de ce sondage en cliquant sur le lien ci-dessous:
http://www.touteleurope.fr/fileadmin/CIE/06-observatoire/...
09:22 Publié dans Cinéma, Divertissements, Europe, Italie, Sport, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palmarès, europe, préféré, touteleurope, csa, sondage, européen
01.05.2008
La Mairie de Rome passe à droite
Contre toute attente, le scrutin municipal dans la ville Eternelle s’est révélé suicidaire pour le Partito democratico. Reconstituons les étapes. Romano Prodi rentre de Bruxelles après son mandat à la Commission Européenne. Il commence à préparer les élections de 2006. Francesco Rutelli est alors maire de Rome. Les primaires à gauche ont vu s’affronter Prodi et Rutelli. Ils ont conclu un accord avant que la gauche et le centre démocrate ne se déchirent trop. En cas de victoire, le chef de l’Ulivo prenait la Présidence du Conseil et le chef de la Margherita la Vice-présidence tout en laissant la mairie de Rome a un autre dignitaire de la Margherita : un certain Walter Veltroni. Et ainsi fut fait en avril 2006. En 2008, après la chute du gouvernement Prodi, Veltroni devient chef de file du Partito Democratico, le parti principal de centre gauche, refonte de la Margherita et des Démocrates de gauche. Malheureusement, comme j’ai pu déjà le rappeler dans ce blog, les democrates enregistrent une défaite face à la droite de Berlusconi.
Mais Walter Veltroni, s’étant présenté pour la Présidence du Conseil, il ne pouvait pas être en même temps Maire de Rome. Des élections anticipées ont donc eu lieu. Au premier tour, Francesco Rutelli arrivait en tête mais en ballotage. La victoire semblait pourtant acquise, ils avaient une majorité relative et encore un report de voix important. Mais lundi dernier, à la surprise générale, c’est Gianni Alemanno qui l’a emporté. Ainsi, Rome est pour la première fois à droite. Elle avait toujours été à gauche ou au centre.Gianni Alemanno a fait sa campagne sur la sécurité. En face, Rutelli n’a pas tenu sur ce thème glissant pour des démocrates. Alemanno est issu du parti de Gianfranco Fini, Alleanza Nazionale, un parti de refondation fasciste adoptant un discours light. Fini avait lui été élu Vice Président du Conseil de Berlusconi entre 2001 et 2006. C’était la première fois qu’un fasciste revenait au pouvoir depuis la période noire de Mussolini. La chose s’est donc banalisée en Italie. C’est tout un symbole pour Berlusconi et ses amis que de voir la capitale très à droite. Rutelli n’a malheureusement pas su séduire les Romains qui lui avaient pourtant offert deux mandats consécutifs. Alemanno est donc une surprise totale pour tous les observateurs de la politique italienne. Le poulain de Fini et Berlusconi aura donc fort à faire pendant son mandat car les Romains attendent une amélioration sur la délinquance mais ne le laisseront pas dilapider leurs valeurs de Dolce Vita.
13:02 Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rome, rutelli, alemanno, veltroni, municipales, élections
24.04.2008
Résultats des élections en Italie
Concernant les résultats à la Chambre des députés : la coalition de Silvio Berlusconi obtient 344 sièges répartis ainsi : 276 pour il Popolo delle Libertà (coalition de Forza Italia et Alleanza Nazionale), 60 pour la Lega Nord et 8 pour le Mouvement pour l'autonomie du Sud. La coalition formée par Walter Veltroni obtient 246 sièges répartis comme suit : 217 sièges pour il Partito Democratico et 29 sièges pour Italia dei Valori de Di Pietro. L'UDC de Pier Ferdinando Casini obtient 36 sièges. Viennent ensuite les tous petits partis régionaux : 2 sièges pour SVP (SüdTyrol), 1 siège pour Autonomie Liberté Démocratie (Vallée d'Aoste) et 1 siège pour le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité absolu à la Chambre des députés est de 316 voix. Donc la coalition Berlusconi aura la majorité. Car même si la Lega Nord ne votera pas l'ensemble des lois, ils seront aidés par l'UDC pour obtenir la majorité.
Pour le Sénat, on est dans les mêmes proportions : la coalition Berlusconi disposera de 174 sièges. Il Popolo delle Libertà obtient 147 sièges, la Lega Nord 25 sièges et les autonomistes du sud 2 sièges. A gauche, Walter Veltroni réunit une coalition de 132 sièges : 118 pour le Parti Démocrate et 14 pour Italia dei Valori. L'UDC résiste avec 3 sièges. SVP obtient 2 sièges alors que SVP Ensemble pour les autonomies en obtient également 2. Vallee d'Aoste prend 1 siège tout comme le Mouvement associatif des Italiens de l'étranger. La majorité au Sénat est de 158 voix. La coalition de droite a donc aussi la majorité absolue. Mais là les voix de la Lega Nord seront primordiales pour la stabilité du gouvernement.
Concernant les régionales, en Sicile c'est la droite de Raffaele Lombardo qui l'emporte sans surprise avec 65,35%. En Frioule Vénétie Julie, c'est la droite aussi qui l'emporte avec 53,84% pour Tondo Renzo contre le mania du café Illy candidat sortant de la coalition du Parti Démocrate qui fait 46,16%.
Enfin, les municipales à Rome ont rendu le verdict du Premier Tour. Les chiffres sont plutôt favorables à Francesco Rutelli, Vice président sortant du Conseil des ministres de la coalition Prodi et Ministre sortant des Biens Culturels (portefeuille important en Italie), qui tente de récupérer le poste de maire de Rome qu'il avait laissé en 2006 à... Walter Veltroni. Il obtient en effet 46,68%. Son adversaire principal Giovanni Alemanno pour Il Popolo delle Libertà récupère 39,63%. Viennent ensuite la Flamme tricolore (le parti de Mussolini) avec 3,33%, l'UDC avec 3,15% et les amis de Beppe Grillo avec 2,66% puis une batterie de petits partis. Pour la Province de Rome on est dans la même configuration au lendemain du Premier Tour, avec un écart légèrement plus faible. Le Parti Démocrate reste en ballotage favorable à Rome.
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