18 janvier 2012
Une crise politique se profile en Slovénie
Début décembre, j'annonçais sur ce blog que la Slovénie, non sans surprise, aurait un nouveau premier ministre, mais pas celui que les sondages attendaient. Force est de constater que je suis allé un peu vite en besogne, vu le rejet la semaine dernière de la nomination de Zoran Jankovic comme Premier ministre.
Le Parlement slovène a en effet rejeté le 11 janvier la nomination comme Premier ministre de Zoran Jankovic, vainqueur surprise des législatives anticipées du 4 décembre. C'est du jamais vu dans l'histoire de cet Etat.
Le parti de centre-gauche « Nouvelle Slovénie », de Zoran Jankovic, n'a recueilli que 42 votes favorables au Parlement, composé de 90 sièges, lors de cette consultation à bulletins secrets. Et, plus surprenant, seuls 47 députés ont voté, plusieurs partis ayant choisi l'abstention. Un parlementaire a voté contre et 4 votes ont été déclarés non valides.
« C'est la volonté des parlementaires et je l'accepte », a déclaré Jankovic, le maire de Ljubljana, à sa sortie de la salle du Parlement. « Mon parti et moi avons fait tout ce qui était nécessaire. Je crois que ceux qui ont boycotté le vote d'aujourd'hui auront du mal à expliquer (cette décision) à leurs électeurs », a-t-il jugé.
Un nouveau candidat devra désormais être proposé dans les 14 jours à venir. IL devra être proposé soit par le président Danilo Türk, soit par un parti représenté au Parlement ou encore par un groupe d'au moins 10 parlementaires. Il est donc théoriquement possible, mais risqué, que Jankovic obtienne une deuxième chance.
Alors qu'il a déclaré que Jankovic avait tout son soutien, le Président a annoncé le début d'un nouveau round de négociations avec les partis politiques, sans vouloir dire de façon certaine s'il proposerait de nouveau Zoran Jankovic comme Premier ministre.
Les négociations en vue d'une coalition gouvernementale se sont avérées très ardues pour Jankovic au lendemain du 4 décembre. Le porte-parole du parti de centre-droit Liste citoyenne (DLGV), qui dispose de huit sièges au Parlement, avait annoncé en début de semaine dernière renoncer à rejoindre la coalition de Jankovic avec les socialistes de Borut Pahor et le parti des retraités, faisant état de divergences trop profondes. Ce parti, Liste citoyenne, est dirigé par Gregor Virant, un ancien ministre de Janez Jansa, ancien premier ministre de centre droit, avec qui il a rompu.
La Slovénie semble ainsi s'engluer dans une crise politique. Pourtant, le pays a plus que jamais besoin d'un gouvernement stable. Cet Etat de 2 millions d'habitants issu de l'ex-Yougoslavie, quasi-exclusivement dépendant des exportations, est confronté à une grave crise économique et financière. L'économie flirte avec la récession, le taux de chômage grimpe (11,9% de la population active en novembre 2011), et la dette publique augmente rapidement (45,5% du PIB en 2011).
10:00 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : slovénie, jankovic, jansa, coalition, rejet, premier ministre, gouvernement, abstention, pahor, crise, parlement






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