23.06.2009

Italie : référendum inutile et percée des Démocrates

Hier soir étaient annoncés les résultats des consultations électorales en Italie. Les Italiens s'exprimaient par référendum sur la modification de la loi électorale. Mais ils se déplaçaient aussi pour élire leur maire, dans certaines villes, et leur conseil provincial (sorte de Conseil Général).


referendum italia.jpg

Sur le référendum d'abord : 3 questions étaient posées. La première demandait si, à la Chambre des députés, la prime au vainqueur aux élections législatives étaient accordées au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête. La deuxième question concernait la prime au vainqueur au Sénat de la République et demandait de faire passer cette prime au parti en tête plutôt qu'à la coalition en tête mais sur une assiette régionale. Enfin, la troisième question concernait l'abolition des candidatures multiples. Il faut savoir qu'il est possible de se présenter dans plusieurs villes, provinces, etc, pour la même élection. C'est d'ailleurs ainsi que Silvio Berlusconi était tête de liste aux Européennes dans toutes les circonscriptions italiennes. Le résultat du référendum donne une large victoire au oui pour les trois questions (environ 75%). Mais la loi électorale n'en sera pas changée pour autant car il fallait atteindre le seuil de 50% de participation pour valider le référendum. Donc statut quo pour le plus grand bonheur des petits partis politiques dont la Lega et IDV. La participation à ce référendum n'atteint en effet que 23,4% et 24% pour la troisième question.


partito_democratico.jpgSur les élections provinciales, on enregistre une victoire du Parti Démocrate. Dario Franceschini, le secrétaire général du Parti Démocrate s'est félicité de ce score. Selon lui, il s'agit du début du déclin de Berlsuconi. Il semble en effet que la droite fasse les frais des aventures du Président du Conseil. Alors que les dernières élections administratives avaient coûté le poste à Walter Veltroni à la tête du PD, cette élection renforce le Secrétaire général Franceschini pour les échéances internes de l'automne.


La participation aux élections provinciales atteint 46% seulement. Parmi les provinces appelées à renouveller leur conseil et leur Président, Prato la rouge passe à droite. Milan passe aussi à droite pour une poignée de voix. Guido Podestà l'emporte avec 50,21% des voix devant le président sortant Filippo Penati qui obtient 49,79% des voix. Penati l'avait emporté la dernière fois grâce aux divisions de la droite, cette fois-ci réunie. La province de Venise passe aussi à droite. Le centre gauche l'emporte, en revanche, dans presque toutes les autres provinces appelées à voter comme à Turin où Armando Saitta, sortant, obtient 57%. Le centre gauche gagne encore dans les provinces d'Alessandria, de Rimini, d'Arezzo, de Parme, de Ferrare, de Rovigo ou de Brindisi.



scheda-elettorale.jpgMême constat pour les élections municipales, le centre gauche arrive en tête presque dans toutes les grandes villes. La participation était de 61% contre 76% au premier tour. Le centre gauche conserve Bologne, Florence et Bari. A Florence, le nouveau Maire Matteo Renzi a organisé une grande fête en ville hier soir. Il l'emporte avec un peu moins de 60% de voix. A Bologne, même rapport de force pour le nouveau maire Flavio Delbono (un peu plus de 60% des voix) qui succède à Sergio Cofferati, élu député européen le 7 juin. En plus de cela, les villes de Ferrare, Ancona, Forlì, Padoue, Potenza, Prato ou Avellino passent ou restent au centre gauche.


L'alliance avec les centristes (centre droite) de l'UDC aura été décisive pour le maintien de Bari et la province de Turin. Alors que, de leur côté, Renzi et Delbono gagnent Florence et Bologne sans le soutien de l'UDC. L'UDC a en effet préféré adopter une stratégie au cas par cas en fonction des villes et des provinces au lieu de signer un accord national.

22.06.2009

Les députés européens élus

EUP09_FR_RGB.gifLes élections européennes du 7 juin 2009 ont permi d'élire dans la circonscription sud-est 13 députés européens qui nous représenteront. Malgré le désintérêt des citoyens pour cette élection, du à une campagne calamiteuse de toutes parts (mensonges à la gauche du PS, inepties à l'extrême droite - comme d'habitude -, campagne nationale pour le PS et le Modem et campagne pro-présidence française du côté de l'UMP), mais aussi à une actualité catastrophe attirant tous les projecteurs (grippe A et Airbus Rio-Paris). Les partis politiques et les médias sont donc les principaux responsables du score effarant de l'abstention pour une élection aussi importante.

Après avoir été sensbile à la campagne européenne (une vraie campagne européenne) d'Europe Ecologie, j'ai finalement glissé un autre bulletin dans l'urne bien vide du bureau 725 du 7è arrondissement de Lyon. Je ne reviendrai pas sur la déconfiture du modem et du ps, car qui sème le vent récolte la tempête.


Les députés européens élus pour les 5 prochaines années dans notre circonscription SUD-EST sont donc :

- Damien Abad, Nouveau Centre, siègera au PPE

- François Alfonsi, Parti de la Nation Corse au sein d'Europe Ecologie, siègera avec les Verts - ALE

- Malika Benarab-Attou, Europe Ecologie, siègera avec les Verts - ALE

- Jean-Luc Bennahmias, Mouvement Démocrate, siègera dans le groupe ADLE

- Nora Berra, UMP, siègera au PPE, Michel Dantin, UMP, siègera au PPE (remplace Nora Berra qui a préféré devenir secrétaire d'Etat aux aînés et qui a donc démissionné deux semaines seulement après son élection).

- Gaston Franco, UMP, siègera au PPE

- Françoise Grossetête, UMP, siègera au PPE

- Sylvie Guillaume, PS, siègera au PSE

- Jean-Marie Le Pen, siègera ou pas, mais avec les non-inscrits

- Vincent Peillon, PS de Picardie, siègera au PSE,

- Michèle Rivasi, Europe Ecologie, siègera avec les Verts - ALE

- Marie-Christine Vergiat, Front de gauche, siègera avec la Gauche Unitaire Européenne

- Dominique Vlasto, UMP, siègera au PPE.


La victoire de la droite dans la grande majorité des Etats membres de l'UE a pour conséquence de confirmer José Manuel Barroso à son poste de Président de la Commission Européenne. L'accord technique entre les groupes PPE et PSE devrait conduire, pour l'instant, à faire élire comme Président du Parlement Européen pour un premier mi-mandat Jerzy Buzek, centre-droit polonais, et dans un second temps, Martin Schultz, social-démocrate allemand. Mais un potentiel accord avec le groupe ADLE laissera le champs libre à l'anglais Graham Watson. Tout reste encore à écrire.


Je vous ferai prochainement un trombinoscope des députés européens élus dans la circonscription Sud-Est et je mettrai à jour le trombinoscope de la Commission dès que sa future composition sera connue (à mon avis, pas avant le référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne).

Pour tous les autres résultats et les premières analyses : le blog des JE Lyon.

06.06.2009

LE 7 JUIN, VOTONS !

Vous aviez aimé la vidéo 5 friends 4 Europe ?

Alors voici une version raccourcie et sous-titrée en français !

 


 

Et le MAKING OF :


DONC ALLEZ VOTER !!

04.06.2009

Message de Sylvie Goulard

goulard-sylvie.jpgVoici un message de Sylvie Goulard, tête de liste MODEM aux Européennes dans la circonscription OUEST (Bretagne, Pays-de-Loire, Poitou-Charente). Sylvie Goulard est aussi l'auteur de nombreux ouvrages parlant d'Europe comme "L'Europe pour les nuls", "Le grand Turc et la République de Venise" ou encore "Il faut cultiver notre jardin européen". Sylvie Goulard est enfin la Présidente du Mouvement Européen - France et a été collaboratrice de Romano Prodi lorsqu'il était Président de la Commission Européenne entre 2001 et 2004.

 

DE L'ABSTENTION ? COMMENT EST-CE POSSIBLE ?

 

La manière dont les commentateurs s’étonnent d’une probable abstention a quelque chose de touchant. On a pourtant fait le maximum, vraiment, pour que les électeurs s’intéressent à l’Europe.


La communication a été irréprochable. Celle qui relève de l’Etat est un modèle de sobriété. Pour toute la campagne des élections européennes, on a dépensé moins que pour le lancement d’une seule savonnette. Le ministère de l’Intérieur a évité de se perdre dans les détails : pas de campagne TV d’instruction civique incitant au vote. Pas d’affiches rappelant la date et les modalités du scrutin. Pas de mobilisation des ressortissants des autres Etats membres qui ont le droit de vote et d’éligibilité. Seuls les étrangers en situation irrégulière l’intéressent, ceux qui permettent de « faire du chiffre ». De même, au ministère des Affaires Européennes, on n’a pas voulu embrouiller les Français : pas d’explication sur les pouvoirs croissants du Parlement européen. Une fois les lampions de la présidence française éteints, à quoi bon parler encore d’Europe ?


Quant aux médias, leur intérêt constant, presque maladif pour la cause européenne ne laissait pas de marge pour accélérer en période pré-électorale. Dans notre pays, l’UE est évoquée en « prime time », en permanence. Il a fallu relâcher la pression. A force de voir les Commissaires européens tous les soirs à la télévision, les Français saturent. Il faut les comprendre. C’est d’ailleurs pourquoi TF 1 n’a pas de correspondant à Bruxelles. En revanche, la chaîne possède une équipe « insécurité », bien rôdée, capable d’intervenir avant chaque élection ! Et le CSA veille. Tout est si calibré qu’on a éliminé tout risque de passion, toute spontanéité. La vie, la compétence, le talent individuel sont rabotés. Les journalistes sont occupés à calculer les temps de parole avec un boulier. On fait une campagne comme on fait cuire des œufs à la coque, avec un sablier. Si le CSA avait existé à l’époque de l’affaire Dreyfus, je parie que Clémenceau, patron de l’Aurore, aurait dû publier un aux côtés du « J’accuse » de Zola, un « j’accuse pas » de Tartempion.


La crédibilité de nombreux partis nationaux, sur l’Europe, est maximale. Le PS et l’UMP ont sélectionné leurs candidats avec soin, éliminant certains des meilleurs (Gilles Savary, Jacques Toubon par ex.), très fatigués d’avoir beaucoup travaillé. Ceux qui avaient des réserves de productivité ont été reconduits. C’est social. Le rituel du recyclage, à Bruxelles, des personnalités défaillantes au plan national se poursuit. C’est écologique. Les candidats PS ne s’ennuient jamais : dans les temps morts, en se rappelant le référendum de 2005 dont les différences n’ont pas été surmontées, ils peuvent toujours jouer à « ni oui, ni non ». A l’UMP, dans l’Ouest, il y a eu un effort indéniable de se rapprocher du terrain, les considérations de tactique locale l’emportant même sur toute vision européenne. Désigner des candidats qui se sont préparés à la fonction, qui ont déjà des réseaux internationaux, c’est bon pour ces mauviettes d’Allemands ou d’Anglais. En France, nous avons des types formidables qui sauront d’un coup ce qu’il faut faire au Parlement européen. Et qui défendront le français dans les institutions, on est tranquille.


Enfin, les gouvernements nationaux et les grands partis simplifient les enjeux. Ils évitent d’affoler les électeurs en expliquant que les députés interviendront dans la désignation du Président de la Commission. Pas la peine de leur compliquer la vie. Les gouvernements sont en train de faire un coup de force. Pas la peine que les électeurs se dérangent. Qu’ils votent UMP ou PS, aucune différence : ils auront Barroso. Le PSE a rédigé un programme appelé « Manifesto » ; son titre sonne exotique, ibérique. Dommage que Zapatero comme Sokrates, les Premiers ministres socialistes espagnol et portugais soient prêts à reconduire Barroso, tout comme le travailliste britannique Gordon Brown. Dommage, c’était une première en politique, cette forme de sous-traitance : j’ai un programme de gauche mais j’en confie la mise en œuvre à la droite. Sept anciens dirigeants socialistes, de Felipe Gonzales à Lionel Jospin en passant par Gerhard Schröder, s’en sont d’ailleurs émus cette semaine, appelant à ce que le parti socialiste européen présente son propre candidat à la tête de la Commission. Des hommes du passé qui sont restés à l’idée un peu désuète qu’on mène un combat politique pour des idées, incarnées par une personne. Enfin, avec Barroso, nul besoin de lire un épais programme. Il ne dit pas ce qu’il fera. Dans sa vie, il a déjà été maoïste, partisan de Georges W. Bush, copain de Blair, il aime la dérégulation mais il a l’échine assez souple, c’est pour cela que les chefs de gouvernement l’aiment tant. Il ira au gré des vents dominants.


Cette désinvolture est à pleurer. En Europe, curieusement, on demande à la dinde de préparer Noël : les gouvernements nationaux vivent la montée en puissance de l’Union européenne comme une menace, aussi font-ils délibérément le service minimum. On s’étonne de l’abstention quand on devrait se révolter de la médiocrité qui la nourrit. Au milieu d’une crise sans précédent, les responsables européens sapent la légitimité des institutions européennes. Nos gouvernants mettent en péril l’influence de la France à Bruxelles. C’est grave. C’est honteux. Le peuple, plein de bon sens, se moque du vote parce qu’on se moque de lui. A moins d’un sursaut que j’appelle de mes vœux.


Le 7 juin, ne votez pas pour ceux qui se paient votre tête, pour ceux qui voudraient confier à la Commission sortante le soin de réformer la politique agricole commune ou de la pêche, pour ceux qui parlent aujourd’hui de régulation mais n’en ont pas fait quand ils en avaient la possibilité. Le MoDem souhaite un débat public sur ces nominations, comme il est normal en démocratie. Il appelle à dresser un bilan de l’action de M.Barroso et à discuter d’un programme de travail. Le parti démocrate européen a proposé d’autres candidats, Mario Monti et Guy Verhofstadt. Deux Européens engagés et responsables, deux modérés car l’Europe a besoin de mesure et d’humanité. A vous de voter, à vous de choisir vos députés, votre avenir.


Sylvie GOULARD

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